Les eurodéputés maintiennent les crédits de l’aide alimentaire [Archivé]

Le Fonds européen d'aide aux plus démunis (FEAD) sera doté de 3,5 milliards d'euros pour la période 2014-2020. L’enveloppe budgétaire, qui était menacée, a donc été maintenue par les eurodéputés.

Julien Lauprêtre, président du Secours populaire, réagit à la décision du Parlement européen de maintenir l'aide alimentaire de l'UE à 3,5 milliards d'euros.
SPF

Les eurodéputés ont décidé de doter le Fonds européen d'aide aux plus démunis (FEAD) de 3,5 milliards d'euros pour la période 2014-2020. Le texte a été adopté à 592 voix (61 élus se sont prononcés contre et 31 se sont abstenus). Le vote s’est déroulé le 25 février dernier, après un accord conclu avec la Commission européenne et le Conseil des chefs d’États et de gouvernements.

L’aide alimentaire revient de loin

« C’est une victoire de grande portée. Surtout au regard du chemin parcouru », se réjouit Julien Lauprêtre, président du Secours populaire. En effet, l’année dernière, les États membres de l’Union européenne (UE) avaient proposé aux eurodéputés d’entériner une coupe budgétaire de 1 milliard d'euros. Il y a deux ans, aucun successeur au Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD) n’était même prévu. Or, celui-ci fonctionnait depuis 1988 et sa fin était prévue au 31 décembre 2013. Le SPF a alors alerté l’opinion publique, dénonçant le raz-de-marée de la misère qui frappe aujourd’hui l’Europe.

Le résultat d’une grande mobilisation

« C’est dans un moment comme celui-ci que notre mission d’aiguillon des pouvoirs publics prend tout son sens : pour changer la situation, il a fallu la mobilisation de tous les bénévoles du SPF et de tous ses amis », rappelle Julien Lauprêtre, qui salue aussi le travail mené avec la Fédération française des Banques alimentaires, les Restos du cœur et la Croix-Rouge : « Les Airfood, que nous avons réalisés en commun dans une centaine de villes, ont eu des répercussions importantes sur l’opinion publique. »

Le FEAD comporte quelques modifications par rapport au précédent mécanisme européen d’aide alimentaire :

  • Il sera utilisé par tous les pays membre de l’UE.
  • Il n’est plus lié à la Politique agricole commune (PAC) mais au Fonds social européen (FSE).
  • Son champ d'application dépassera le domaine de l’alimentation et comprendra aussi une aide matérielle (vêtements, matériel scolaire) et des mesures d'insertion sociale.

Des fonds qui restent inférieurs aux besoins

Le Secours populaire formule néanmoins des regrets. « Les fonds débloqués restent inférieurs aux besoins des familles qui vivent dans la précarité. Surtout si une partie de ces fonds est utilisée à fournir une aide non alimentaire, relève Julien Lauprêtre. Il est pourtant possible de faire plus : le FEAD ne représente que 1 euro par européen et par an. A côté de ce mécanisme, il faudrait aussi que les politiques européennes contribuent, dans leur ensemble, à ériger une solide résistance contre la montée de la misère sur notre continent. »

Un raz-de-marée de la misère en Europe

Près de 125 millions d’Européens subissent au moins une des formes de pauvreté (selon la dernière statistique disponible d’Eurostat). Dans le détail, 85 millions de personnes vivent avec des revenus inférieurs au seuil de pauvreté en vigueur dans leur pays ; 50 millions connaissent des situations de privations sévères (nourriture, vacances, chauffage, etc.) et 50 millions d’Européens vivent dans une famille dont les adultes traversent une période de chômage ou sont employés à temps très partiel.

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