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Michel, médecin bénévole au Secours populaire

Urgence Liban : le message d'Ibrahim Maalouf

 

"A Beyrouth, on assiste désormais à l'explosion de la faim"

Alerte Faim au Liban - Interview de Corinne Makowski, secrétaire nationale du SPF

 

Interview de Jean Le Cam

 

Laetitia, au RSA, profite enfin d'un séjour avec ses enfants

Mes principales expériences d’accompagnement en matière d’accès aux droits : 

J’ai accompagné pendant 10 mois, à raison de 2 demi-journées par semaine, une personne ayant perdu tous ses droits vitaux, et menacée d’expulsion de son logement. 

Je l’ai aidée à récupérer le RSA, une couverture santé, et l’APL, ce qui lui a permis de régulariser progressivement ses dettes de loyer tout en évitant de passer par une commission de surendettement. Au-delà d’un accompagnement « administratif », j’ai pris cette personne « par la main », car elle était dépressive, et sans cela, elle n’aurait accompli aucune démarche. 

Cet accompagnement a été lourd, je n’ai pu l’assurer que pour une personne. Bien d’autres auraient besoin d’autant de soutien. 

J’ai aussi accompagné une personne ayant de grosses dettes de frais d’hôtel, du fait de la perte de son AAH (Allocation Adultes Handicapées).  

Comme une bonne partie de nos bénéficiaires sont des ressortissants étrangers, demandeurs d’asile ou « sans-papiers », je les conseille dans les situations qu’ils rencontrent, par exemple sur la nécessité de domiciliation, de couverture sociale et dans de rares cas pour la scolarisation des enfants (nous n’avons rencontré aucun problème sur Nanterre ou Courbevoie). En général je leur fournis les adresses des organismes, les horaires et quelquefois les aide à remplir les formulaires. Normalement, quelle que soit la situation des parents, les enfants sont obligatoirement scolarisés, mais certains maires refusent de le faire lorsque les parents sont sans papiers. Dans ce cas-là, je leur conseille de rencontrer les directeurs d’école pour qu’ils inscrivent les enfants, puis de retourner à la mairie avec le justificatif du directeur de l’école. Si cela ne fonctionne pas, je leur conseille alors de contacter le réseau local de l’association RESF (Réseau Education Sans Frontière), et en dernier lieu le défenseur des droits à Nanterre (permanences à la mairie ou au tribunal de grande instance). 

 

Sur quelles sources documentaires t’appuies-tu ? 

Essentiellement via des recherches, ainsi que sur les sites officiels gouvernementaux : service public.fr, CAF, Légifrance…  

Pour le droit des étrangers, je les renvoie vers la CIMADE à Paris. Pour des points juridiques précis, je pose la question sur le site internet du GISTI, qui répond rapidement. 

L’ASTI à Colombes donne aussi des conseils juridiques sur le droit des étrangers ainsi que l’association NAHDA à Nanterre (3 rue des aubépines, tel : 0147858667, mail : association.nahda@free.fr

Je trouve peu d’intérêt aux annuaires ou bottins, qui se périment très vite. Je préfère savoir où trouver l’information pertinente et à jour. Lorsque je ne trouve pas, je cherche un autre interlocuteur ou une autre association qui saura répondre aux bénéficiaires.  

 

As-tu rencontré des difficultés ? Si oui, lesquelles ? 

Pour que cela puisse fonctionner, les personnes aidées doivent être demandeuses d’accompagnement, car les bénévoles accompagnants s’immiscent dans leur vie privée ; une relation de confiance doit s’instaurer entre le bénévole et la personne aidée, ce qui ne peut se faire que dans la durée. C’est pour cela que nous revoyons les personnes tous les 3 mois. 

Au SPF de Nanterre, plus de 1000 familles sont inscrites. Beaucoup d’entre elles pourraient avoir besoin d’un accompagnement, mais c’est inenvisageable vis-à-vis de l’ampleur de la tâche. N’oublions pas que notre rôle principal en tant qu’accueillant reste l’écoute, la mise en confiance des personnes aidées. Nous ne pouvons pas suppléer à la disparition organisée des services publics et à la numérisation déshumanisée. Pour moi, le SPF n’est pas un pôle d’accès au droit pour personnes précaires et ne pourrait le faire qu’au rabais. 

Nous sommes impuissants face aux problématiques d’hébergement et de logement. Nous aimerions avoir un numéro d’urgence, comme en disposent les assistantes sociales, pour solliciter le 115 dans des cas d’urgence. 

 

Quels messages souhaiterais-tu faire passer à des bénévoles qui souhaiteraient se lancer dans l’accès aux droits ? 

Nous ne sommes pas des travailleurs sociaux, nous n’en avons pas les compétences et certaines erreurs pourraient mettre en danger les personnes. A priori nous devons rester dans l’orientation avec accompagnement ou non vers des structures ou associations compétentes et non dans la proposition de solution. Il ne faut pas hésiter à demander, contacter les associations. Se constituer un carnet d’adresses me parait une bonne approche. 

 

Quelles sont les situations qui reviennent souvent/le plus ?  

- Les pertes de droits ou le non-recours aux droits, par méconnaissance ou réticence : RSA, APL, AAH, ASPA (Allocations de Solidarité aux Personnes Agées), etc.  

- Le manque de logement et d’hébergement au 115 

- Les besoins spécifiques des demandeurs d’asile et des sans papiers 

 

As-tu des suggestions pour développer l’accès aux droits au sein du SPF 92 ? 

Les visios de 45 minutes de partage d’expérience sont intéressantes ; elles permettent de faire circuler l’information et de constituer un réseau interne. 

Les SPF 92 et national pourraient mener des actions de plaidoyer auprès des institutions concernant par exemple la réduction des services publics qui entraîne la réduction des aides aux précaires, le manque de logements, etc.  

 
Divers 

Il y a de grandes différences entre les communes du 92, notamment en termes de services rendus par les CCAS et du nombre et de la qualité des associations implantées. Cela influe fortement sur l’accompagnement que peuvent mener les structures locales du SPF. 

Par exemple, certaines communes ont complétement supprimé les assistantes sociales scolaires, alors que d’autres les ont maintenus. Or, ces dernières sont une source importante de détection et de signalement de familles en difficultés. 

Hélène, bénévole de Nanterre qui témoigne dans le cadre de l'accès aux droits

Cathy a hébergé Adam, demandeur d'asile, pendant le confinement. Au total, ils ont passé dix mois ensemble.

 

Cathy et Adam ont publié un livre sur leur confinement en commun

Accès aux vacances : témoignage de Sylvie

 

Témoignage de Dominique à Saint-Malo

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