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A Saint-Martin-de-la-Vésubie, la famille de Loane est aidée après la tempête Alex

 

Jean Stellittano, secrétaire général de la fédération des Alpes-Maritime du SPF, témoigne .

 

 

Urgence Intempéries - témoignage de Jean Stellittano

 

Témoignage de Samuel

 

Témoignage de Djassime

Je m’appelle Martin, je suis étudiant à Paris 1 en Aménagement et je suis depuis septembre en service civique à la Fédération des Hauts-de-Seine du Secours Populaire pour une durée de 10 mois. J’ai décidé de m’engager dans un service civique pour aider une association dans ses projets et ses initiatives.
Au sein du pôle Ressources, j’ai de nombreuses missions puisque je participe principalement à la campagne des Pères Noël Verts mais aussi à la logistique et aux initiatives. Les missions ne manquent pas et elles sont toujours très variées.
 
J’ai décidé de rejoindre le Secours Populaire pour aider à mon échelle contre la pauvreté.
Avec sa bonne image et sa bonne ambiance le Secours Populaire est une association attractive et formatrice qui véhicule des valeurs humaines. L’association me permet d’avoir cette proximité et d’être au plus près des gens pour les aider et se sentir utile à la société. L’engagement au sein de cette association me donne l’occasion de mieux connaître ses initiatives, en participant à ma manière à leurs élaborations. Elle me permet aussi de découvrir les bénévoles et les bénéficiaires sur le terrain, me faisant voir tous les aspects du Secours, de l’échelle locale à départementale.
 
Je suis très content d’avoir rejoint le Secours Populaire et l’équipe qui m’accompagne, les bénévoles que je rencontre, et les bénéficiaires que j’aide m’incitent toujours plus à m’engager et donner le meilleur de moi-même pour l’association. 

Martin, nouveau Service Civique

 

Patricia espère "avoir un jour un toit sur la tête"

L’automne est bien là. On le sent au froid qui commence à piquer en approchant des locaux du Secours Populaire. Il est 8h45, il doit faire autour de 5° en ce samedi matin et même le petit frisson qu’on ne peut retenir nous rappelle à quel point on est privilégié. Devant les grilles, une grosse trentaine de bénéficiaires sont là, à nous attendre, essentiellement des femmes. La distribution ne commence qu’à 9h30, mais les premières sont arrivées avant 8h. Elles placent leur caddie devant la porte, marquant leur place dans la queue qui commence déjà à se former. Celles qui habitent à côté peuvent repasser chez elle alors que les autres doivent patienter dehors dans le froid pendant que les bénévoles mettent tout en place. On pense à l’hiver qui approche, au soleil qui se lève de plus en plus tard, à la chance de connaître une météo sèche et non pluvieuse… Oui, pas de doute, l’hiver sera dur.

Entre 6 et 8 bénévoles tous les samedis, nous nous activons dès notre entrée dans les locaux, gardant en tête toutes ces personnes qui sont restées dehors et qui attendent qu’on soit prêts. On sort des étagères les produits secs : huile, farine, pâtes, riz, conserve, lait, céréales ou café, mais aussi masques ou couches ; on sort des frigos ce que l’équipe chargée de la ramasse a pu récupérer dans les magasins la veille. Yaourts, œufs, viande, fromage… tous les produits dont la date de péremption est proche ou dont le conditionnement défectueux empêche d’être vendu. Autant d’aliments qui seraient jetés à la poubelle si nous ne les collections et distribuions pas.

Nous nous répartissons les rôles, les uns chargés de l’accueil, les autres aux différents postes nécessaires pour la distribution des différents produits et ensuite, on prend une bonne respiration avant de démarrer. Ce matin, il est un peu plus de 9h15 quand on ouvre la porte, avec la satisfaction d’avoir pu leur éviter un quart d’heure supplémentaire dans le froid.

À l’accueil, les premières personnes commencent à défiler. Les habituées, à qui on demande à quelle heure elles sont venues. Une femme au visage épuisé, le corps encore transi malgré le manteau, nous dit qu’elle est arrivée vers 8h. Elle préfère venir tôt pour rentrer chez elle avant 10h. On arrive à échanger quelques mots avec les uns et les autres. « Ça va, vous allez bien ? », une manière de montrer qu’on se reconnaît, de créer un petit lien. Donner une adresse de rhumatologue, s’enquérir d’une personne souffrante la semaine précédente, sourire quand une personne nous dit qu’on devrait faire attention à ne pas prendre froid, alors qu’on est à l’intérieur, certes devant la porte ouverte, mais nous, on n’a pas subi cette longue attente. Dans la pièce, une dame est pieds nus dans des sandale. Comme on s’en étonne, elle nous explique qu’elle souffre et ne peut plus enfiler de chaussures fermées. Comment se plaindre du froid quand on voit cela ? Plus tard, un monsieur dans la même tenue répondra « on s’habitue », qui n’est guère rassurant.

On aimerait pousser un peu plus les échanges avec certains, mais déjà les suivants sont là et il n’est pas question de leur faire subir la queue trop longtemps. L’ambiance ce matin est détendue et on le fait remarquer, quitte à entendre les remarques acerbes envers les rares bénéficiaires détournant les règles : un rendez-vous médical inventé pour passer plus vite, une maladie qui permettrait de passer devant tout le monde sans même s’excuser. C’est le manque de respect qui à chaque fois peut provoquer des éclats entre bénéficiaires. Heureusement ils sont rares. Certains ont l’impression d’être moins bien traités ou servis que leurs voisins, il faut les rassurer et les convaincre qu’il n’y a rien d’intentionnel. Chacun fait de son mieux.

Le défilé dure plusieurs heures, près d’une personne par minute. Le rythme n’est ralenti que lorsqu’arrivent des cas particuliers. Une personne pas encore inscrite mais à qui une bénévole au téléphone a dit de passer pour un colis de dépannage. Une autre à qui il faut fixer un rendez-vous dans la semaine pour qu’elle puisse s’inscrire après un entretien et un coup d’œil sur les papiers indispensables. En passant, on discute deux minutes avec un monsieur dont on a scanné le cv pour qu’il puisse répondre à des annonces sur Internet. Le poste qu’il visait est déjà pourvu, mais il faut continuer à chercher.

En fin de matinée, ce ne sont plus des familles, mais ce qu’on appelle pudiquement des « personnes seules », qui sont en réalité des personnes qui n’ont pas de logement. Elles dorment à la rue, dans leur voiture, hébergées occasionnellement chez des amis. Un homme très digne et plein d’humour à qui on demande où il vit en ce moment nous répond avec un large sourire « dans ma voiture, pourquoi ? Vous avez un pavillon à m’offrir ? ». Quelques instants plus tard, il nous racontera avoir appris dans la semaine qu’il avait un cancer et ne sait donc pas de quoi les prochains jours seront faits. Puis il s’éloigne en ajoutant « mais vous ne m’oubliez pas, pour votre pavillon ».

Vers 13h30, il est temps de fermer. En quatre heures, ce sont près de 200 bénéficiaires qui sont passées devant nous et à qui on a pu distribuer de la nourriture. En comptant tous les membres des familles, ce sont plus de 500 personnes qui auront eu un peu d’aide. Et en ce moment, on voit bien à quel point cela devient important. Le nombre grandit de semaine en semaine et les inscriptions sont toujours plus nombreuses.

En sortant, on voit qu’il fait beau. Il n’y a pratiquement pas un nuage. La température est moins fraiche, mais de toute manière, on serait bien mal placé pour nous en plaindre.

Un samedi matin par Fabrice Guillet

Gabriel, 23 ans, s'active pour Noël

Rétrospective 2020

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