Une fabuleuse histoire des vacances [Archivé]

Depuis la Libération, le Secours populaire lutte pour la mise en pratique du droit aux vacances, reconnu notamment dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Les bénévoles se démènent tout au long de l’année pour les enfants, les familles, les personnes âgées, encore trop nombreux à en être privés.

Le Secours populaire lutte pour que le droit aux vacances soit effectif pour tous.
Jean-François Leray

Dès 1944, des enfants de fusillés et de déportés prennent le train  avec des bénévoles pour un séjour en Auvergne. Deux ans plus tard, le Secours populaire lance sa première campagne vacances, baptisée Du grand air pur pour les enfants de France dont l’objectif est de « pallier le mauvais état de santé des enfants meurtris » par les horreurs et les privations de la Seconde Guerre mondiale.

Les congés payés se diffusent dans la population à la Libération, en droite ligne avec le programme du Conseil national de la Résistance, qui sert de fil conducteur à la reconstruction des structures sociales du pays. Cette avancée est portée, à partir de 1948, par les Nations unies dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, pour qui « toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques ».

La création des familles de vacances

L’étape suivante pour le Secours populaire est la création des familles de vacances, en 1963, pendant la grande grève des charbonnages. Des milliers de bénévoles accueillent alors chez eux les enfants des mineurs du Nord. Une expérience qui est sans cesse élargie à travers la France, mais aussi auprès de familles suisses et néerlandaises. A partir de 1969 et jusque dans les années 1980, des enfants d’Irlande du Nord, confrontés chez eux à la pauvreté et à la guerre civile, ont été accueillis chaque été dans des familles de Bretagne.

Au sein du Secours populaire, 2 000 familles reçoivent chaque année ainsi des petits dont les parents tentent de sortir de la précarité. Ces séjours offrent un cadre indispensable pour le développement de la personnalité ou l’acquisition de connaissances culturelles. Ils permettent de sortir du cadre quotidien – « de la cité », comme le dit une mère de famille de Bordeaux –  et sont l’occasion de tisser des liens entre les deux familles, celle qui accueille et celle qui confie ses enfants.

Départ, direction la mer

Les années 1960 sont aussi marquées par l’aide au départ en bords de mer des foyers aux revenus les plus bas. Un effort soutenu notamment par l’acteur Bourvil qui enregistre, en 1966, un appel à offrir « 100 000 journées de soleil ». Les années 1970 ont elles vu l’organisation par le Secours populaire des premières vacances pour les personnes âgées, avant d’aider au départ de familles entières à partir des années 1980.

Les Journées des oubliés des vacances

A partir de 1979, qui avait été déclarée année internationale de l’enfant par les Nations unies, une idée est née et n’a pas cessé de grandir : les Journées des oubliés des vacances (JOV) sont créées sous l’impulsion de Julien Lauprêtre. Aujourd’hui encore, l’objectif de ces journées, qui se déroulent après le 15 août, est de faire « vivre au moins une journée de détente dans l’été » à des enfants confrontées aux privations de la pauvreté. En 2015, au pied de la tour Eiffel, plus de 70 000 enfants et leurs parents ont participé à la JOV marquant le 70e anniversaire du Secours populaire.

Les Villages copains du Monde

Nouvelle initiative, à partir de 2008 : les Villages copains du Monde sont mis en place « pour apprendre aux enfants de pays différents à se connaitre plutôt qu’à se haïr ». Ils réunissent, en France et à l’étranger, des centaines d’enfants liés au mouvement Copain du monde qui existe depuis 1992 afin de leur donner une place à part entière dans les actions de solidarité, en lien avec la Convention internationale des droits de l’enfant.

Au fur et à mesure, les bénévoles ont étendu leur lutte en faveur des vacances pour tous. Ils accompagnent les personnes précaires dans leurs projets de départ non plus seulement l’été mais durant toutes les périodes de l’année. Ils s’appuient, pour cela, sur un réseau de partenaires, comme les comités d’entreprises, l’Agence nationale des chèques-vacances ou encore les villages vacances. Le droit aux vacances est toujours inaccessible à un enfant sur trois et à environ 40 % des foyers, principalement en raison de la fragilisation du statut salarial et du haut niveau du chômage.

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