Coronavirus : 80 000 bénévoles du Secours populaire, en première ligne depuis le début de la pandémie pour assurer la continuité de la solidarité [Archivé]

Déclaration du Secours populaire français

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« Les animateurs-collecteurs bénévoles du Secours populaire français sont indignés par le silence assourdissant dont leur mobilisation fait l’objet.

Et pourtant, ils ont relevé le défi dès le début de l’épidémie : celui de préserver une relation qualitative, des liens de confiance pour ne pas laisser des millions de personnes, les plus vulnérables, sur le bord du chemin pendant la crise sanitaire du coronavirus.

Avec les « Médecins du SPF », les bénévoles sont devenus de véritables « agents de développement de santé publique » dans les actions de prévention et leur relation avec les acteurs de santé. Se nourrir et avoir accès aux produits d’hygiène sont des soutiens essentiels pour lutter contre l’épidémie. S’y ajoute la socialisation, précieux atout pour construire l’immunité à long terme.

Chaque jour, la solidarité en actes, c’est du courage, de la réactivité, la capacité des bénévoles à adapter leurs modes de faire, dans le respect des recommandations sanitaires.

Quelques exemples :
Mise en place de drive, de portages à domicile, des chocolats, jeux et livres ajoutés dans les colis pour les enfants, accompagnement éducatif et scolaire à distance en attribuant des équipements informatiques quand c’est possible, rédaction des attestations de déplacement pour les personnes illettrées ou ne parlant pas la langue française, des maraudes auprès de sans-abris, des petits déjeuners pour des mineurs isolés, des familles migrantes-réfugiées avec enfants vivant des conditions indignes relogées dans un centre de vacances, les solidaribus du SPF allant vers les personnes, aides à des familles isolées en milieu rural, auprès des étudiants en situation précaire, isolés en résidence universitaire… autant d’actions pour apporter chaleur humaine et soutien matériel, des enfants du mouvement « copain du Monde » du SPF font parvenir des messages, des dessins aux personnes âgées isolées, aux personnes hospitalisées.

L’élan de solidarité est extraordinaire, celui des personnes aidées, des personnes migrantes et réfugiées, des jeunes, des enfants de « copain du Monde », des personnes totalement confinées pour raison de santé ou de fragilité ; chacun prend sa part pour construire la vie de demain et mettre la vie des personnes au coeur de leur démarche.

Des restaurateurs, des producteurs, des commerçants, des PME, tout ce réseau de proximité rejoint celui des lieux d’activités du SPF.

Le SPF fait face à un afflux de nouvelles demandes du fait de la fermeture d’associations locales, du service minimum des aides sociales des collectivités territoriales et de l’angoisse qui grandit.

C’est aussi une pandémie à l’échelle internationale.
100 000 Français sont encore bloqués à l’étranger. Le Secours populaire est en relation permanente avec tous ses partenaires dans près de 80 pays et en Outre-mer : les prix des produits de base flambent, la panique s’empare des populations, les enfants sont déscolarisés, les émeutes de la faim se profilent. Et pourtant, ils pensent à nous et nous adressent de nombreux messages de solidarité et cela fait chaud au coeur. La solidarité mondiale doit se démultiplier à l’image des médecins cubains qui rejoignent des zones touchées en Europe et ailleurs. Le SPF avait aidé ses partenaires chinois qui à leur tour nous viennent en aide.

On ne pourra pas gagner la bataille si on n’est pas solidaire les uns avec les autres, où que l’on vive sur la planète.

Comme le disent nos amis chinois : « unis, nous vaincrons ».

La solidarité est plus que jamais nécessaire. Nous rappelons aussi que toutes nos initiatives de collectes sont annulées, nous avons besoin de dons financiers pour maintenir nos activités. Nos premiers besoins sont chiffrés à 10 millions d’euros.

Oui le SPF a besoin d’argent, maintenant, pour préserver la solidarité en faveur des personnes les plus vulnérables et pour se projeter dans la sortie de crise, en se préparant à des grandes journées de loisirs, à des séjours réparateurs…

Il incombe à ceux qui sont en charge d’en prendre la mesure, sans imaginer, même un instant, qu’ils vont répondre aux demandes des associations en nous proposant une plateforme numérique. Ce dont nous avons besoin, ce sont des moyens financiers pour déployer les activités et témoigner de la solidarité que les humains se doivent dans notre pays comme sur la planète.

De tout temps les épreuves ont été franchies par des actes de résistances et l’action libre et volontaire des citoyens.

Vous avez la possibilité de relayer les actions de ces femmes, de ces hommes de l’ombre, donner la parole à ceux qui sont sur le terrain, et faire connaitre la solidarité populaire et la force qu’elle permet de déployer.

Vous êtes décideur, influenceur, vous avez un rôle à jouer pour inscrire la solidarité dans la durée ! »

Henriette Steinberg,
Secrétaire générale du Secours populaire français
Thierry Robert,
Secrétaire national en charge de la Vie des instances, Directeur général du Secours populaire français

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