Familles de vacances: le partage au cœur de l’été

Simon, Chloé, Léon et Adèle Faribault, originaires du Mans, ont partagé l’été dernier leurs vacances avec Malika. Retour sur cette expérience solidaire, pour comprendre en quoi consiste le dispositif de « familles de vacances ». Rencontre avec la maman de la famille, Chloé.

En 2021, la famille Faribault et Malika ont découvert les plages bretonnes.
SPF

Vous avez été « famille de vacances » l’été dernier ; pouvez-vous nous expliquer en quoi cela consiste ?

Être famille de vacances, c’est accueillir durant l’été un enfant qui n’a pas la possibilité de partir en vacances. Vous pouvez l’accueillir à votre domicile, mais aussi l’emmener sur un autre lieu de vacances. Cela a permis à nos enfants de comprendre la chance qu’ils avaient de pouvoir partir durant plus d’une semaine en vacances. Pour notre part, c'est une belle leçon de partage. Nous avions un projet en commun : nous nous posions la question de comment nous pouvions aider des enfants en difficulté en France.  Il y a deux ou trois ans, avant la pandémie du Covid-19, nous avons commencé à nous renseigner sur les associations qui existaient en France. Nous sommes tombés à ce moment-là sur le Secours populaire. Et le hasard a fait que le directeur du Secours populaire du Mans était une personne que nous connaissions ! Nous avons échangé ensemble et le projet était vraiment cohérent avec notre recherche. De notre côté, nous remplissions les critères pour devenir famille de vacances.

Comment le Secours populaire vous a aidé à préparer cet accueil ?

Nous avons d’abord rempli tout un dossier avant de rencontrer des représentants du dispositif « famille de vacances ». Ils sont là pour répondre à toutes les questions que nous pouvons nous poser avant d’accueillir un enfant, mais surtout nous poser à nous les questions permettant de savoir si nous sommes aptes à accueillir un enfant ou non. Avant d’accueillir l’enfant, il y a plusieurs rencontres. Lors de celles-ci, il y a un climat de confiance qui doit s’instaurer. Nous avons déjà deux enfants qui ont 6 et 10 ans ; nous voulions une petite fille entre ces deux âges-là pour que l’adaptation soit beaucoup plus simple et ce souhait, nous l’avons exprimé au Secours populaire. Par la suite, nous avons vu une photo de Malika, avant de la découvrir physiquement le premier jour de ses vacances avec nous. Nous étions impatients.

Comment s’est passée votre première rencontre avec Malika?

Nous sommes allés chercher Malika au Secours populaire, en fin de matinée. Elle nous attendait avec sa maman. Quelques minutes plus tard, nous étions déjà en route pour retourner à notre domicile. Le trajet a été très silencieux, le temps de prendre tous nos marques et de se découvrir. Une fois arrivée à la maison, elle a rencontré nos enfants. Dès les premiers instants, le courant est vite passé et ils commençaient déjà à jouer et à rigoler ensemble. Ce n’est jamais facile d’arriver dans une nouvelle famille, avec une autre culture, d’autres façons de vivre. Pour autant, ça s’est très vite détendu et nous nous sommes vite tous adaptés. Grace à mon expérience de plus d’une quinzaine d’années dans le métier d’auxiliaire de puériculture en crèche, je sais me mettre à la place des enfants. J’essaye d'imaginer la manière dont ils pourraient réagir selon certaines situations. Nous avons senti le déclic dès le premier soir au moment du coucher, elle nous a demandé à mon mari et moi d’avoir des câlins. Nous étions rassurés qu’elle se sente aussi rapidement à l’aise. Nous avons immédiatement su que les vacances allaient bien se passer.

Comment vos enfants ont-ils vécu l’arrivée de Malika ?

Le projet d’accueillir un « enfant de vacances » s’est construit ensemble et en famille. Nos deux enfants ont été associés dès le début à notre projet. Si l’un des enfants n’avait pas été d’accord, nous ne serions pas devenus « famille de vacances ». Nous avons beaucoup échangé ensemble autour du sujet. En tant que parents, nous avons bien expliqué à nos enfants qu’il n’y en aurait pas plus pour eux que pour Malika. Il n’ y avait pas de différence entre nos enfants et Malika, c’est ce qui a permis de ne pas créer de jalousie entre eux te de trouver un bon équilibre. Malika pouvait être parfois dans la demande, mais si j’acceptais pour elle, je devais aussi accepter pour mes enfants, je ne voulais pas en privilégier un plus que l’autre. Lorsque Malika ne respectait pas certaines règles, je la reprenais de la même manière que mes enfants. Lorsque nous avons fait de l’accrobranche ou du paddle, nous en avons discuté ensemble pour savoir si cette activité plaisait à tous. C’est lorsqu’ils jouaient ensemble à des jeux de société ou encore aux Playmobil que les enfants ont tissé de beaux liens entre eux, qu’ils ont noué une certaine complicité.

L’objectif était d’avoir une continuité dans nos rapports avec Malika

Pouvez-vous vous raconter votre séjour en Bretagne, une expérience riche pour votre famille ?

Tout d’abord, avant de partir en Bretagne, nous sommes restés 4 jours dans notre maison au Mans, pour nous laisser le temps, à Malika et nous, de nous découvrir et nous connaître. Après ces premiers jours d’adaptation, nous avons pris la route pour Plouha, petite ville dans le nord de la Bretagne où est située notre maison de vacances. Malika avait déjà vu la mer, ce n’était donc pas une découverte pour elle. C’est une petite fille qui aime énormément l’eau. Elle était très contente de pouvoir se baigner, être dans le sable, faire des châteaux de sable. Nous avons eu l’occasion de visiter plusieurs plages en Bretagne : lles plages de Gwin-Zegal, du Palus, de Port-Moguer, du Sillon ou encore la pointe de Plouha. C’était l’occasion de lui montrer différents types de plages entre les galets et le sable, mais aussi de voir différents paysages. Pour nous, c’était important de faire le plus d’activités possibles. Nous sommes allées ramasser des mûres pour en faire une tarte, car elle aime beaucoup cuisiner. Nous avons fêté l’anniversaire d’Adèle notre fille. Nous avons fait des choses simples durant ces quinze jours, nous n’avons pas fait plus que d’habitude, c’était important de rester naturels et qu’elle nous découvre tels que nous sommes.

Que vous a apporté cette première expérience en tant que « famille de vacances » ?

Nous nous sommes rendu compte qu’il n’y avait pas forcément besoin de grand-chose pour faire plaisir à des enfants n’ayant pas la chance de partir en vacances. Aller à la piscine ou passer des moments en famille, ce sont des choses simples que certains ne peuvent pas faire. Nous sommes conscients que partir en vacances est une chance. C’est important pour nous d’inculquer à nos enfants que tout n’est pas donné dans la vie, et que les valeurs de partage et de respect peuvent offrir beaucoup de plaisir. La richesse de cette expérience a été de comprendre, à travers l’accueil de Malika, que des choses simples peuvent procurer du bonheur.

Depuis l’été dernier, êtes-vous restés en contact avec Malika ?

Nous avons un contact permanent avec sa maman. Nous avons été au cours de l’année plusieurs fois la voir chez elle. Il y a quinze jours, elle est revenue à la maison durant un week-end. Nous lui avons envoyé un message pour Noël, pour la nouvelle année, c’est bientôt son anniversaire et nous allons aller la voir pour lui souhaiter. C’est important de garder du lien, nous sommes attachés à Malika. Notre objectif était dès le départ de nous inscrire dans une continuité. Nous ne voulions pas juste l’emmener en vacances et couper les ponts par la suite. Nous avons réussi à créer une belle relation entre nous.

Pas d’action sans don !

Votre soutien financier nous permettra d’apporter une solidarité concrète aux victimes. L’ampleur de l’aide dépendra des fonds que nous réussirons à collecter.

Sans les bénévoles, rien n’est possible !

C’est grâce à la mobilisation de dizaines de milliers de bénévoles que le Secours populaire peut mener ses actions. Vous pouvez nous rejoindre :

Mots-clés