Des jeunes Franciliens découvrent le Parlement européen et le Conseil de l'Europe

Une cinquantaine d’adolescents franciliens, dont les familles sont aidées par le Secours populaire, sont allés à Strasbourg découvrir le Parlement européen et le Conseil de l’Europe. Une sortie de deux jours qui a marqué les participants.

Medhi, Roxanne, Lili, Balthazar et tous leurs amis posent dans le hall d'enrée du Parlement européen, lors de la visite des 22 et 23 octobre derniers.
Sandrine Landrieux

C’est une joyeuse bande de jeunes, de 13 à 18 ans, qui s’est retrouvée de bon matin Gare de l’Est à Paris, le 22 octobre dernier. Arrivée à Strasbourg, elle se dirige vers le Parlement européen. Une rencontre est prévue avec les eurodéputés écologistes Caroline Roose (Belge), Mounir Satouri et Yannick Jadot. « Ici, on essaie de construire un continent où il fera bon vivre pour tous », présente ce dernier, dans un petit hémicycle ou les tons bois et bleu dominent.

L'expression très mature d'enjeux très importants

Les jeunes avaient préparé des questions sur le chômage, les migrants et l’environnement, trois thèmes qui les préoccupent. « La consommation d’électricité ne cesse d’augmenter. Comment on fait pour produire plus d’électricité verte », demande Mileana, 16 ans. « Quels sont les moyens pour répondre aux objectifs ambitieux en matière de protection de l’environnement », ajoute Roxanne. « Et les migrants, comment faire pour leur assurer un bon accueil », interroge Lili.

« La rencontre avec les eurodéputés avait été préparée. Les jeunes s’étaient rencontrés pour élaborer les questions qui les préoccupent, signale Jean-Louis Durand-Drouhin, secrétaire général du Conseil de région Ile-de-France du Secours populaire. Ils n’ont pas tant d’occasion de s’exprimer, c’est important qu’ils puissent le faire. » En effet, les prises de parole dans l’espace public sont très rares pour les jeunes, spécialement s’ils sont des catégories populaires.

Les jeunes se sont rendus dans le quartier ont sont implantés le Parlement européen et le Conseil de l'Europe, une insitution moins connue pourtant garante des libertés fondamentales.

Les jeunes se sont rendus dans le quartier où sont implantés le Parlement européen et le Conseil de l'Europe, une insitution moins connue pourtant garante des libertés fondamentales.

Après, le groupe a continué sa visite en pénétrant dans le grand hémicycle où siègent les eurodéputés, au niveau des gradins réservés au public. Les jeunes ont assisté aux débats qui entouraient le départ du président de la Commission européenne, le Luxembourgeois Jean-Claude Junker.

Fin de la journée à Saverne, à une heure de Strasbourg. L’équipe se repose dans la très belle l’auberge de jeunesse située dans une aile du château de Rohan, de style baroque. La veillée est rapide avec quelques jeux, parce que la fatigue se fait sentir et que le programme du lendemain est bien rempli. Extinction de feux alors qu’une nappe de brouillard se love sur la petite ville.

Le lendemain, c’est au tour du Conseil de l’Europe de leur ouvrir ses portes. Moins connu que le Parlement, c’est l’institution de référence de défense des droits humains en Europe (notamment à travers la Cour européenne des droits de l’Homme dont les décisions s’imposent aux États). Une institution dans laquelle le Secours populaire et Esan (Réseau européen d’action social) font régulièrement entendre leur voix.

Une institution garante des droits humains

A une exception près, tous les états du continent sont membres du Conseil de l'Europe. Lors de la visite, les adolescents comme Medhi ou Balthazar découvrent une organisation et une histoire, qui remonte aux lendemains de la Libération, qu’ils ne connaissaient pas. « Je suis très content de voir comment marche une institution que je découvre, en fait », confie ce dernier.

Quel bilan pour ses jeunes, à la fois curieux et en recherche ? Rêvant de devenir agriculteur bio, Medhi se dit en faveur de « plus de redistribution des richesses » : « C’est impressionnant toute cette organisation, ces débats. » Plus pragmatique, Agathe, 13 ans, retient avant tout « les bons moments passés entre jeunes » dans une ville où elle ne s’était jamais rendue, même si elle n’a rien manqué de ces deux jours de visite.

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