Aide d’urgence pour 6000 Comoriens [Archivé]

Une mission du Secours populaire s’est rendue aux Comores pour apporter des tonnes de denrées à des villageois très pauvres affectés par la flambée des prix alimentaires après les destructions provoquées par le passage du cyclone Kenneth.

La mission du Secours populaire s'est appuyée sur les bénévoles de son partenaire local, le CADF.
SPF

Huit personnes sont mortes, 345 000 hommes, femmes et enfants ont été sinistrés… Tel est le bilan humain du passage du cyclone Kenneth, les 24 et 25 avril derniers, aux Comores. Le bilan aurait pu être encore plus lourd pour ce petit État du sud de l’Océan indien, mais beaucoup d’habitants avaient eu le temps de se mettre à l’abri, loin du rivage. « Mais, les dégâts sont particulièrement importants pour un pays aussi pauvre », signale Sitti Cissé, qui s’est rendue sur place du 22 au 30 mai dernier pour le Secours populaire, avec Gérard Xavier, membre du Comité national de l’association.

Des dégâts importants pour un pays pauvre

Les habitants sont occupés à s’entraider, à reconstruire les 4 500 maisons détruites, à réhabiliter les maisons endommagées, trois fois plus nombreuses, comme l’a constaté la mission du Secours populaire. Les vents violents et les pluies diluviennes ont ravagé les cultures ; les dégâts affectent jusqu’à 60 % des plantations par endroits. Du coup, « les prix alimentaires ont doublé, voire triplé pour les aliments les plus courants, comme la banane plantin ou le manioc », constate Sitti Cissé.

À Moroni, la capitale, les membres de la mission ont acheté plusieurs tonnes de nourriture, avec l’aide du partenaire local, la Confédération des associations de Djomani en France (CADF), et la participation de la Fondation SADEV. Une fois le prix négocié auprès d’une centrale d’achat, les denrées ont été acheminées au nord de la Grande Comore. Elles ont été distribuées auprès de plus de 6000 personnes, dans les villages de Djomani, Chamlé, Vouvouni et de Ndzaouzé. Chacune des 1200 familles bénéficiaires a reçu 25 kg de riz, 5 kg de farine de blé et 5 kg de sucre.

Des denrées contre l’insécurité alimentaire

« Les villageois étaient très étonnés de recevoir de l’aide de la part d’une association française, hors de la diaspora comorienne. Ils étaient d’autant plus reconnaissants qu’il existe dans le pays une forte culture d’entraide entre voisin », relève Sitti Cissé. L’aide alimentaire permet de contrer les dommages causés sur l'agriculture et l'élevage, qui concourent à l'aggravation de l'état de santé général des habitants. L'insécurité alimentaire contribue, en effet, particulièrement à la malnutrition des enfants constatée par l’ambassade de France, sur place.

Compte tenu du dénuement du pays, la mission du Secours populaire s’est rendue sur divers sites pour analyser les projets de réhabilitation auxquels l’association et ses partenaires pourraient participer.

Les soins et l’eau potable à l’étude

Le secteur de la santé a été affecté par le passage du cyclone. À Foumbouni, au sud, c’est un hôpital qui a été endommagé lors de la destruction d’une digue par des vagues atteignant jusqu’à douze mètres de haut. À Djoumani, le Secours populaire pourrait soutenir un centre de soins mis en place par son partenaire, le CADF. « L’engagement et le dévouement de son personnel forcent l’admiration », lance Sitti Cissé. La réhabilitation d’écoles est aussi à l’étude. Un autre programme pourrait voir le jour : remplacer la pompe à eau du village d’altitude de Maweni. Au total, près de 100 réservoirs ou pompe à eau ont été détruits par Kenneth.

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