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Témoignage de Rilès, étudiant

La pauvreté, ce n’est pas seulement être sans logis. Je ne la vois pas dans ma famille ou dans mon village, mais au collège, oui, des amis n’ont jamais d’habits neufs ou alors une de mes copines m’a invité à fêter son anniversaire chez sa sœur : pas chez elle, parce qu’elle a honte de montrer où elle vit. La pauvreté c’est aussi monsieur et madame tout le monde, à découvert parce qu’ils ne sont pas assez payés. Ces derniers mois, plein de femmes et d’hommes contestent pour prouver qu’ils ne sont pas seuls, qu’il faut agir.

Je suis jeune, je ne sais pas encore tout ce qu’on peut faire, mais je compte aider dans la mesure de mes moyens. Mes copines, j’essaie de dédramatiser, de leur dire qu’elles vont s’en sortir, qu’elles ne sont pas seules. Je trouve que les adultes connaissent plus de choses que les enfants ou les ados. Mais nous observons mieux ce qui se passe autour de nous, donc on réagit à des choses qu’ils ne voient même pas.

Marie, solidaire au collège Bellevue à Toulouse (Haute-Garonne).

C’est dans notre éducation de toujours penser aux autres et de rester ouverts à ce qui se passe autour de nous ! Nos parents, malgré leurs moyens modestes, nous ont toujours demandé de trier nos affaires, de donner celles qui ne nous étaient pas utile au Secours populaire, à quelques pas de chez nous, à Toulouse. Le même Secours populaire avec lequel on fera plus tard deux concerts caritatifs au Bikini puis au Zénith de Toulouse ! On s’est toujours promis d’aider à notre manière ceux qui en ont besoin, alors collaborer avec le Secours populaire c’est logique et une vraie fierté pour nous.

Bigflo & Oli, parrains de la campagne pauvreté-précarité 2019

Pour la 13ème année consécutive, Ipsos et le Secours Populaire dévoilent les résultats de leur Baromètre Pauvreté et le moins que l’on puisse dire est que les situations rencontrées par les plus fragiles s’aggravent encore : 78% de ceux gagnant moins de 1200€ par mois ont du mal à partir en vacances, un chiffre en très forte progression (+11 points par rapport à 2018).

La précarité énergétique progresse aussi chez les plus fragiles puisque 63% d’entre eux rencontrent de réels problèmes pour payer leurs factures d’énergie (+6 points depuis 2018).

Ils ont aussi de plus en plus de mal à payer les dépenses de leur logement et là encore, le nombre de personnes rencontrant des problèmes ne cesse de progresser (55%, +10 points). Chez les plus pauvres, la majorité de nos indicateurs de mesures de pauvreté s’enfoncent « dans le rouge ».

Dans le même temps, l’accès aux soins ne s’améliore pas (55% rencontre des difficultés pour payer certains actes médicaux, stable par rapport à 2018).

Ainsi, même si la proportion de Français déclarant avoir déjà été sur le point de connaître une situation de pauvreté est en recul cette année (54%, soit 5 points de moins qu’en 2018), ces résultats ne doivent pas cacher une accentuation de la fragilisation des catégories les moins aisées de la population.

Les plus jeunes conscients de l'aggravation de la situation

Pour les concitoyens les plus fragiles, l’année est marquée par une détérioration de leur situation. Cette aggravation de la situation n’échappe pas aux plus jeunes, des enfants de 8 à 14 ans que nous avons interrogés.

La perception qu’ont les enfants des situations de pauvreté de leurs camarades augmente : ils déclarent de plus en plus que, dans leur classe ou leur école, il y a des enfants qui par manque d’argent ne vont jamais au cinéma, au musée ou dans des parcs d’attraction mais aussi que certains de leurs camarades n’ont jamais de nouveaux vêtements ou de nouvelles chaussures par manque d’agent ou encore qui ne peuvent pas manger en quantité suffisante ou de manière variée.

La pauvreté leur fait d’ailleurs de plus en plus peur (62%, +4 / 2015).

Etienne Mercier, co-directeur du département opinion d'Ipsos

Témoignage de Marie, étudiante

L’année dernière, je suis venu deux-trois fois [au libre-service alimentaire de l'antenne universitaire Lille 1], environ une fois tous les deux mois et je vais me réinscrire [cette année]. Les bénévoles font un travail formidable : they do a very nice job!
Ils sont très gentils : j’aime toujours venir ici. Je suis végétarien et je repars à chaque fois avec ce qui me convient.

Dipen, 29 ans, étudiant indien originaire d'Ahmedabad (État du Gujarat) en master robotique.

Dipen,étudiant à l'école centrale de Lille-Polytech Lille

Témoignage de Marie à Toulouse

L’année dernière, j’ai utilisé le libre-service deux fois par mois toute l’année : j’étudie à Lille depuis quatre ans, mais je ne savais pas que cela existait. Pour mon budget, cette aide est indispensable même si je travaille comme aide-soignante à Valenciennes auprès de personnes âgées pour financer mes études. C’est bien que [cette antenne] existe pour les étudiants, surtout étrangers qui n’ont pas d’aide familiale. [Cette année], je pense que je vais aussi faire la coupe de cheveux solidaire [à l’espace bien-être de la fédération]. C’est cher le coiffeur, surtout pour les cheveux longs !

Esmeralda, 38 ans, en logement privé, originaire de Cuernavaca (Mexique, État de Morelos).

Esmeralda, étudiante en master 1 (études hispaniques) à l’université Lille 3

On aide tous les étudiants en difficulté. Pour ceux qui n’ont pas les 6 € de participation au libre-service, on fait des colis de secours avec les denrées que nous avons collectées.

Yves, retraité, bénévole à l’antenne universitaire Lille 1

Il faut lutter contre l’image de paradis fiscal où tout le monde serait riche. Non, il y a beaucoup de pauvres et la plupart des emplois sont liés au tourisme, donc une partie importante de la population n’a plus de moyens de subsistance.

Christian Lampin, secrétaire général en mission aux Bahamas

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