Réfugiés sahraouis

Bilan de la mission

Du 3 au 7 avril, le Secours populaire du Nord a organisé une mission humanitaire dans les camps de réfugiés sahraouis proches de Tindouf en Algérie.

La délégation, composée de huit personnes et conduite par Fabrice Belin, secrétaire général de la fédération du Nord du Secours populaire, et Christian Hogard, directeur du Village Enfants Copain du monde de Gravelines, a été accueillie et guidée par Salek Saluh et sa famille, ses partenaires sur place.

Le contexte

Le conflit entre les combattants sahraouis et le Maroc pour la souveraineté du Sahara occidental, qui dure depuis 1975, est à l’origine de ce déplacement de population.

Plus de 170 000 personnes (sur)vivent dans ces campements, « posés » au cœur d’un des déserts les plus arides au monde, par la solidarité internationale et le soutien des Nations-Unies. Mais cette aide est en déclin depuis des années : un rapport des Nations-Unies constate une baisse des rations de 30% entre novembre 2023 et février 2025 (soit avant la décision de Donald Trump de supprimer l’US Aid).
Les conséquences sont implacables et lourdes : 90% de la population sahraouie résidant dans les camps de Tindouf sont soit en insécurité alimentaire, soit vulnérables à l’insécurité alimentaire, entraînant une détérioration nutritionnelle grave, notamment chez les plus vulnérables, en particulier les enfants parmi lesquels 1 sur 10 souffre de malnutrition sévère aiguë.

Aujourd’hui, trois générations cohabitent dans ces cinq campements. Les moins de 15 ans y sont majoritaires.

Les problématiques

Elles sont multiples.

→ Précarité alimentaire et sanitaire : malnutrition, accès à l’eau, santé.

→ Dépendance et diminution de l’aide alimentaire : d’autres crises mondiales (Ukraine, Gaza, Soudan), font oublier le conflit du Sahara occidental qui souffre d’un désintérêt relatif des donateurs.

→ Climat et environnement hostiles : les conditions climatiques sont extrêmes, avec des températures dépassant souvent les 50°C en été et des hivers très froids.

→ Enclavement social et manque de perspectives : le chômage touche une immense majorité de la population, en particulier les jeunes nés dans les camps.

Bien que le taux d’alphabétisation soit élevé grâce au système éducatif des camps, les diplômés n’ont quasiment aucun débouché économique local. C’est pourquoi de nombreux jeunes vers émigrent (Espagne, Mauritanie).

→ Statut juridique et liberté de mouvement : les campements se trouvent sur le territoire algérien sous l’administration du Front Polisario (indépendantistes sahraouis). Se posent des problèmes de circulation (déplacements vers l’extérieur des camps encadrés) et de droit au travail (intégration dans le marché du travail algérien limitée).

La mission

La délégation a été prise en charge par Salek et Brahim Saluh. Ces deux Sahraouis sont des amis de longue date du Secours populaire et de Copain du Monde. Ils sont accompagnateurs du groupe de Sahraouis qui est accueilli chaque année au Village Enfants Copain du Monde de Gravelines.

Salek et Brahim sont nés et ont grandi dans un campement de réfugiés de la wilaya de Laayoune. Ils y vivent encore avec leur famille et entourés de nombreux amis, avec lesquels ils portent des projets d’envergure.

C’est le cas de la ferme permaculture et élevage qu’ils développent depuis quelques mois avec le soutien du Secours populaire. Cet espace d’un peu plus d’un hectare, entouré d’un mur, accueille un élevage de dromadaires, un élevage de chèvres et de nombreuses plantations (notamment des tomates sous deux grandes serres).

Pour faire grandir cette ferme et l’économie solidaire qui l’accompagne, des impératifs s’imposent :

D’autres projets sont à l’étude :

Pour l’heure, la ferme apporte de la nourriture aux bénévoles et à leurs familles.

Dans le cadre de la mission, la délégation a pu se rendre compte de la précarité et de l’extrême pauvreté dans laquelle vivent les réfugiés sahraouis. C’est le cas dans le domaine de la santé : la visite de l’hôpital local, aux équipements plus que sommaires, a permis de s’en rendre compte. C’est le cas également dans le domaine éducatif, malgré l’engagement et l’investissement des enseignantes bénévoles. C’est enfin le cas dans le domaine culturel, bien que, là-aussi, les bonnes volontés et l’enthousiasme des Sahraouis fassent des miracles.

Les besoins des réfugiés sahraouis sont urgents et criants. Le Secours populaire du Nord va poursuivre et consolider son aide. Nous en dirons davantage ultérieurement.