Lire les témoignages

Accéder à l'ensemble des témoignages présents sur le site.

Pendant une semaine, à Noirmoutier, nous avons été hébergés à l’hôtel, reçus comme des personnes normales et pas comme des petites gens. La souffrance de ceux qui étaient avec nous ne se voyait plus. Il y avait beaucoup de joie et de bonne humeur...

Alain

Je n’ai pas les moyens d’aller au cinéma et je ne pars jamais en vacances. J’ai tout supprimé et je n’ai même plus envie de sortir. Penser à moi est une expression que j’ai oublié.

Béa , 62 ans

Le budget est très serré. Comme aide je n’ai que l’assistance sociale. Il faut payer l’eau, l’électricité... après il reste 30 euros par semaine et là-dessus il faut payer l’essence. Pour m’en sortir, je ne mange pas ce qu’il faut tous les jours et c’est restreint pour l’habillement.

Viviane, 53 ans

Après avoir payé les factures, il reste peu d’argent pour les courses du mois. Maintenant je suis au chômage. C’est dur d’habiller les enfants. Le coiffeur c’est rare : une fois ou deux par an. Je ne fuis pas les obstacles, je les affronte.

C.

Grâce aux bénévoles du SPF, nous avons pu passer une semaine inoubliable à la mer, tous les cinq en famille. Quoi de mieux que de voir les enfants heureux ?

Sandrine

Les bons moments, c’est avec mes enfants. Les vacances, ça n’existe plus, c’est fini on n’en parle même pas ! A ce jour, tous les loisirs sont bannis, aucune sortie n’est possible ! MA situation me gène dans la mesure ou je ne peux satisfaire mes enfants.

Corinne

A bientôt 70 ans, Charlotte est obligée de continuer son activité de bouquiniste sur les bords de la Seine.

Parisienne de naissance, j’habite rue Saint-Maur (10e) dans un appartement hérité de maman. Comme je suis propriétaire, je n’ai pas droit au minimum vieillesse : je touche 580 euros de retraite par mois que j’ai prise en décembre 2012 à 65 ans. C’est pourquoi je dois continuer mon activité de bouquiniste qui a été celle de presque toute ma vie. Une fois payées mes charges, j’ai six euros par jour pour vivre. Ça va car je déjeune au restaurant Paris Emeraude, un repas équilibré pour trois euros. Cela me suffit : je ne mange pas le soir. Je fais très attention à ne pas être à découvert, ce qui peut m’arriver une fois par an.

J’ai commencé ma vie professionnelle dans l’enseignement à 22 ans en tant que maîtresse auxiliaire, mais je n’avais pas la vocation. Mon rêve, c’était d’avoir une librairie avec une échelle en bois. À 27 ans, j’ai eu pendant quatre ans ma petite librairie située rue Dunkerque entre Barbès et Anvers. À l’époque, je payais 300 francs de loyer, mais j’avais très froid l’hiver. Comme cela ne marchait pas trop, j’ai fait ma demande pour être bouquiniste.

J’exerce ce métier depuis 1981 et je le ferai tant que je peux, mais là je commence à faiblir – je vais avoir 70 ans. Mon voisin est obligé de m’ouvrir et de me fermer la plus lourde de mes quatre boîtes. Elles sont dans un sale état, mais je ne fais pas de travaux à mon âge : je vis sur mon acquis !

Ce qui me distingue, c’est que je suis une femme et il n’y en a pas beaucoup rive gauche sur le quai des Grands Augustins où je travaille, en face du cabaret L’Écluse, qui a vu débuter Brassens et Barbara. Notre clientèle vieillissante est majoritairement constituée de messieurs âgés qui ont connu le bon moment du livre, les reliures, les grands papiers. Les touristes avec leurs tablettes ne s’intéressent pas aux ouvrages des bouquinistes. Classés au patrimoine mondial de l’Unesco, nous faisons partie du paysage parisien et on ne peut pas nous toucher. Mais c’est un métier dur : l’hiver, on a froid et l’été, on subit la canicule. C’est plein sud, pas un arbre, aucune ombre : il y a de quoi mourir !

Je choisis mes horaires : l’après-midi de toute façon, en général entre 13 h 30 et 19 heures, quatre jours par semaine au minimum et systématiquement les week-ends, sauf jour de pluie ou de tempête. Je travaille toute l’année : pas de vacances, les intempéries suffissent.

Je suis obligée de continuer, mais c’est quand même ma vie et un plaisir : cela me distrait et me rapporte entre 100 et 200 euros bruts par mois – je paye 13,6 % de charges au RSI. Cela me permet de voir venir un petit peu, mais je ne peux pas partir au club Med ! Pour profiter de quelques jours de congé, je vais au Secours populaire. J’ai été éblouie par les actions du SPF de Paris : avoir huit jours de vacances pour 100 euros, c’est le rêve. J’ai fait trois voyages avec eux et je suis devenue bénévole. Depuis deux ans, je trie les dons à la boutique de la solidarité, qui propose des vêtements aux personnes aidées : l’ambiance est très sympa. Le SPF, qui organise des sorties, m’a permis de découvrir des quartiers de Paris et le 17 août, je suis parti en croisière pour le banquet des cheveux blancs à Joinville. J’adore : j’y danse comme une folle. Le SPF, ils font fort.

Charlotte, retraitée : "Avec six euros par jour pour vivre, je dois continuer mon métier de bouquiniste"

Alain, 68 ans, retraité, vit dans sa voiture à Paris, sans domicile fixe

Je vis à la rue depuis quatre ans. Après un accident grave, puis un long coma, ma vie a basculé… Je suis devenu un éternel précaire. J’étais cadre dirigeant, la transition est dure au début. Je me prive de tout. Je m’estime heureux, car les statistiques de l’espérance de vie, quand on est à la rue, c’est 49 ans : j’en ai 68… Parfois, on peut perdre espoir. Mes enfants sont en province et ne connaissent pas vraiment ma situation. Je reprends espoir en pensant à mes petits-enfants que je vais serrer bientôt dans mes bras et aux vacances que m’offre le SPF en septembre… le temps d’une semaine, reprendre des forces pour survivre.

Alain, 68 ans, retraité, vit dans sa voiture à Paris, sans domicile fixe

C’est toujours les mêmes qui partent en vacances. Ils ont de la chance, leurs parents travaillent. Nous on n’a que mamie qui est à la retraite toute seule. Quand on part, c’est qu’elle s’est débrouillée pour trouver quelque chose de pas cher.

Laura et Lisa, 8 ans

Offrons encore de beaux jours à nos aînés dans la précarité. Il est révolu l’âge d’or des seniors. (…) Votre solidarité est un vrai rempart pour soulager leur quotidien difficile. Écoute, partage, aide alimentaire, vestimentaire, loisirs, vacances... Offrez de l’espoir aux seniors en soutenant nos actions.

Pierre Arditi, comédien et parrain de la campagne Pauvreté-Précarité du SPF

Pierre Arditi, comédien et parrain de la campagne Pauvreté-Précarité du SPF

Pages