Inde

Récit de voyage au jour le jour

Entre le Secours populaire du Nord et l’Inde, l’histoire est ancienne. Dans le respect de son engagement en matière de solidarité internationale, l’association y accompagne depuis longtemps des structures locales qui, elles-même, y mènent des projets solidaires. C’est pour assurer la traçabilité de cette aide et évaluer l’avancée de ces projets qu’une délégation, emmenée par le secrétaire général Fabrice Belin, est partie le dimanche 15 février pour Delhi. Plusieurs étapes sont prévues.

Troisième étape, la colonie de Kathputli

C’est dans ce quartier du bidonville de Jaïpur que sont installés les marionnettistes. La délégation du Secours populaire du Nord s’y est rendue, à la rencontre de familles, dont de nombreux enfants. Un moment qui s’est révélé d’une grande intensité en émotion et en partage.

Les interactions du gouvernement avec ce bidonville se sont limitées à la construction d’un mur d’enceinte pour le cacher à la vue des automobilistes de la rue voisine, très passante. Dans ce quartier aux ruelles étroites, en terre, ravinées par la pluie, on trouve différents types de “logements” : du simple abri fait de tôle et de tissu aux petites constructions d’une pièce (9 à 15 m2) maintenues très propres et dans lesquelles dorment jusqu’à 10 personnes. Dans ces maisons, le sol est carrelé, les murs peints. Un petit autel domestique y témoigne de la piété des habitants.

La visite du Secours populaire s’est faite le lendemain de la date prévue car le bidonville avait été inondé suite à des pluies diluviennes, rendant les conditions de vie très précaires.

A distance régulière, des jarres en céramique sont empilées, des vêtements lavés sèchent sur des cordes tendues entre les quelques arbres ou les maisons et le mur d’enceinte. Les enfants fabriquent leurs jouets avec des matériaux de récupération ou jouent tout simplement entre eux (jeux de mains) comme le font tous les enfants du monde. Mais malheureusement pas toujours dans les mêmes conditions.

Le bidonville abrite 15 000 personnes, avec une partie réservée aux hindous et une autre aux musulmans.Certains enfants, qu’on reconnaît à leur uniforme, ont accès à l’école.

La délégation a été conduite au travers des ruelles jusqu’à un bâtiment communautaire, carré, bas de plafond et pourvu d’un autel dédié à Bouddha. Une fois déchaussés, les membres du Secours populaire du Nord sont alors invités à s’asseoir sur de grandes nattes colorées. Dans un coin, des tentures accrochées aux murs forment un petit théâtre de marionnettes (un roi, un dromadaire, une danseuse, un charmeur de serpent et un éléphant cracheur d’eau). De la musique accompagne la représentation : elle provient d’un piano miniature dont un côté s’ouvre et se referme comme le soufflet d’un accordéon. Vient le moment de l’expérimentation : les membres de la délégation essaient de faire danser les marionnettes grâce à des fils enroulés autour des doigts (contrairement aux marionnettes occidentales dont les fils sont reliés à une croix en bois).

Des marionnettes au fonctionnement simplifié sont fabriquées sur place et vendues aux touristes. Un morceau de bois forment la tête et le torse (le visage est peint) ; une jupe est fixée sur le torse ; des jambes sont fixées à la jupe (qui peut devenir un pantalon) ; des bras sont cloués au torse ; un ruban rouge fait office de gilet ; la tête est surmontée d’un chapeau.

Les femmes sont assises par terre, sur une natte, en cercle autour d’un sac plastique contenant des coupons de tissus chamarrés. Les tissus volent, la paire de ciseaux passe de main en main, les enfants tirent sur la manche de leur maman pour réclamer un peu d’attention ou s’installent sur leurs genoux. Les femmes papotent joyeusement !

Cette rencontre a été l’occasion pour le Secours populaire du Nord d’offrir quelques présents. Produits de beauté et quelques effets pour les adultes ; un goûter pour les enfants.

Riche moment de partage et d’émotion passé dans la colonie Kathputli

Deuxième étape, Sheroes Café à Agra

En Inde, des centaines, peut-être des milliers, de femmes sont victimes chaque année d’attaques à l’acide. Les agresseurs sont des pères qui ne veulent pas payer la dot de mariage de leur fille, des maris qui “punissent” leurs femmes de ne pas leur avoir donné de fils, des belles-mères à l’encontre de belles-filles, des clients à l’égard d’une employée de magasin. Dans tous les cas, les victimes sont considérées comme déshonorées. Elles sont soit enfermées par leur famille. Mais plus souvent soit rejetées, livrées à elles-mêmes et contraintes de mendier pour survivre.

La délégation du Secours populaire du Nord a rendu visite à l’association Sheroes, qui vient en aide à ces femmes. Une visite très forte en émotion.

L’association emploie les victimes d’attaques à l’acide dans des cafés au sein desquels elles retrouvent de la confiance et de la dignité. Ces cafés sont devenus des lieux de sensibilisation incontournables. Ne pas silencier et invisibiliser les victimes est la vocation de Sheroes.

La délégation du Secours populaire a pu échanger quelques mots avec Malimi (Originaire d’Orissa, elle vit à Agra), Geetha (Elle vit à Agra, aide son fils et sa fille à étudier) et Souda (Elle vient de Madura). Après l’attaque qu’elle a subie, personne ne voulait regarder ni employer Souda. Elle est au café depuis 2002 et ce soutien lui apporte beaucoup de bonheur. Car être employées par le café permet à ces femmes de retrouver une vie normale. En même temps qu’elles regagnent en estime, elles retrouvent un peu d’autonomie financière pour subvenir à leurs propres besoins et/ ou ceux de leur famille (dans certains cas de reprendre ou poursuivre leurs études). Le café leur permet de sortir et de réintégrer la société.

Malheureusement, le gouvernement ne les soutient pas. Elles ne reçoivent ni dédommagements ni pension d’invalidité. Les modestes revenus qu’elles perçoivent au café sont essentiels mais pas suffisants pour soutenir leurs familles et financer les études de leurs enfants.

De quelles aides ont besoin ces femmes ?

Les dames avec lesquelles les membres de la délégation du Secours populaire ont pu discuter sollicitent des donations financières pour améliorer leurs faibles ressources.

On peut suivre les actualités de l’association sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, X, YouTube) et sur son site internet.

Première étape, l’association Punar Jagran Samiti à Delhi.

Cette structure a pour mission d’améliorer l’accès à l’éducation des enfants, filles et garçons, en leur proposant du soutien scolaire et une méthodologie pour faciliter l’apprentissage. Des élèves de 4 à 15 ans vivant dans le bidonville de Delhi y sont accueillis. Certains vont à l’école le matin , l’association les prenant en charge de 15 à 17h. Au programme : anglais, hindi, mathématiques et culture générale. Ce sont les parents qui les y inscrivent. Une partie d’entre eux mendient, d’autres travaillent dans une petite fabrique de couteau et une petite activité de couture au cœur du bidonville.

La fondation compte plusieurs centres en Inde.

Ritika, 22 ans, étudiante à l’université, est bénévole à Delhi depuis 6 mois. Elle a rejoint l’association pour passer du temps avec les enfants, les aider à apprendre. Cet engagement lui donne également l’occasion d’expérimenter sur le terrain ce qu’elle apprend à l’université.

Simran, 20 ans, enseignante, est quant à elle bénévole depuis un an.

Pour les deux jeunes femmes, l’éducation est capitale. Elles estiment qu’elle devrait être accessible à tous. “Au travers de l’école, les enfants apprennent également la discipline et prennent goût au travail, des compétences qui les aideront toute leur vie”, soulignent-elles.

À Delhi, le soutien scolaire est donné en marge d’un bidonville, derrière un mur qui sépare une route passante et bruyante et les premières “habitations”. Les enfants sont assis par terre, sur une petite surface de pelouse synthétique. Ils posent leur cahier sur des plateaux pliants. Les enseignants, quant à eux, ont un conference board pour tableau.

Comment aider la fondation ?

Par des dons de fournitures scolaires (cahiers, feuilles, stylos) et du matériel artistique. Par des dons financiers également. En suivant son actualité sur les réseaux sociaux (Facebook, Instagram, X, YouTube) et sur son site internet.

Plus que quelques jours avant notre départ en Inde.

Dans quelques jours, 7 personnes issues de la fédération du Nord partiront pour l’Inde avec plusieurs objectifs :

Retrouvez sur cette page le tableau de bord du séjour, pour suivre cette mission, ses avancées et ses temps forts.