Il y a 120 ans la loi 1901 était votée

Le 5 octobre, le Secours populaire organisait un séminaire populaire sur la loi de 1901, intitulé « 120 ans de la loi 1901. Comment faire vivre cette liberté de s’associer ? ». Experts, représentants du monde associatif ont apporté un éclairage sur les fondamentaux de cette loi ainsi que son rôle dans nos sociétés.

 

Le 5 octobre 2021, le SPF organisait un séminaire populaire sur les 120 ans de la loi 1901.
Jean-Marie Rayapen

C’est en 1899, Pierre Waldeck-Rousseau, alors Président du Conseil, Ministre de l'Intérieur et des Cultes dépose le projet de loi qui aboutira à la loi du 1er juillet 1901. ... En faisant du droit de s'associer un contrat, la loi garantit que l'appartenance à une association reste tributaire du consentement de chacun. Cet engagement citoyen ancré depuis 120 ans dans notre histoire est toujours aussi actif, et pas seulement par le nombre d’associations recensé et le nombre de bénévoles engagés sur le terrain, même si ceux-ci ne cessent de croître. En effet, comme l’a souligné Jean- Louis Laville (1), sociologue et professeur au CNAM (Conservatoire national des Arts et Métiers à Paris), « la période qui vient de s’écouler a mis en lumière la réactivité du monde associatif qui s’est parfois même substitué aux politiques. Avec néanmoins un paradoxe évident : alors que certains étaient obligés de se désengager, d’autres s’engageaient pour la première fois, notamment des jeunes ».Témoin de cette réalité, Rima Chihi, co-responsable du Forum français de la jeunesse, a également souhaité rappeler que cette crise qui a traversé le monde avait permis aux associations de se réinventer et de repenser la façon de s’engager. « Depuis deux ans, de nouvelles formes d’engagements ont vu le jour ainsi que de nouvelles pratiques. Pour poursuivre nos missions, il a fallu nous adapter. »

On compte 22 millions de bénévoles

Il est apparu à travers ces différents témoignages et interventions que la vie associative est une richesse pour nos sociétés. Les chiffres en témoignent : dans le monde entier, la tendance à créer des associations n’a jamais été aussi forte que dans les dernières décennies. Pour la France, les chiffres sont révélateurs. Les associations étaient 700 000 en 1990 avec 8 millions de bénévoles ; elles sont 1,5 million aujourd’hui avec 22 millions de bénévoles.Leur rôle est essentiel et « irremplaçable », comme l’a souligné Claude Esclaine, le secrétaire général de la fédération de l’Ardèche du Secours populaire. Insistant sur l’espace d’épanouissement que représente le monde associatif, mais relevant aussi que la vie associative est un combat de tous les instants. Et si les associations sont l’expression de la fraternité et de la citoyenneté, tous ont reconnu la force qu’elles constituaient pour nos sociétés.C’est aussi à l’unanimité que les intervenants et le public ont souligné que l’engagement associatif, à travers l’histoire et sur tous les continents, est générateur de progrès social. Force est de constater que, bien souvent, les acquis sociétaux sont aussi liés à la liberté de s’associer. Bien qu’âgée de 120 ans, la loi de 1901 est synonyme de jeunesse et de dynamisme, en témoigne le dernier baromètre Ipsos/SPF qui révèle que 74 % des 18 -35 ans se disent prêt à s’engager pour aider les autres. Cet engouement des jeunes pour l’engagement associatif, Alice Godin de l’Anestaps (regroupement des associations nationales des étudiants en Staps) en a largement témoigné, mettant en avant notamment l’implication des 150 000 jeunes des structures sportives adhérentes de l’Anestaps et partenaires du SPF depuis plusieurs années. Ensemble, le SPF et les étudiants en Staps agissent pour lutter contre la précarité, l’exclusion et se mobilisent pour favoriser l’accès à toutes les pratiques sportives, y compris handisport.

Un combat historique

Si aujourd’hui s’associer et créer son association semble simple pour beaucoup, cela résulte d’un long combat. En effet, entre 1871 et 1901, ce ne sont pas moins de 33 projets et propositions qui ont été présentés devant le parlement.Si cette loi perdure encore aujourd’hui, cela ne s’est pas fait sans heurts, comme le précise Jean Louis Laville. « Entre 1940 et 1944, le régime de Vichy a interdit les associations puis, ensuite, ce droit fut rétabli après la Libération. Constitutionalisée en 1971, la liberté de s’associer est dorénavant bien protégée.» Prendre le temps de réfléchir à cette question du droit de s’associer, 120 ans après le vote de la loi 1901, ne pouvait pas ne pas aborder la thématique du droit des enfants. En effet, le droit de créer une association concerne aussi les moins de 16 ans. Mais pour les enfants, ce droit s’inscrit aussi dans un autre texte tout aussi essentiel pour nos sociétés, la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE). L’article 15 de ce texte précise que « les États parties reconnaissent les droits de l’enfant à la liberté d’association et à la liberté de réunion pacifique." Grâce à ses milliers d’enfants « Copain du Monde » investis dans la solidarité, le SPF s’assure et conforte l’avenir du droit de s’associer. Avec son mouvement d’enfants, le Secours populaire apporte une partie de la réponse posée par ce séminaire et qui est « Comment faire vivre cette liberté de s’associer ? ». En effet, l’engagement quotidien de ces citoyens de demain est une garantie de la pérennité de la loi 1901.

 

(1) Auteur de « Réinventer l’association » 2017- Edition-Desclée de Brouwer

 

 

  

 

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