«L’esprit et le corps ont besoin de mouvement»

Psychothérapeute et coach en entreprise, Priscille Glad revient sur les effets que la pandémie produit sur notre santé mentale. Comment se remettre des deuils, de la peur de l’inconnu ? Comment faire face au choc de la précarité ?

Mercredi 30 août, dans le grand bassin de l'Aqualud, l'arrivée des vagues fait la joie des oubliés des vacances du Touquet.
Matthew Oliver

Les indicateurs de santé mentale se dégradent. Comment l’expliquez-vous ?

Avec la crise actuelle, le confinement, etc., un adulte sur trois et un jeune sur deux souffrent d’anxiété et de stress. On voit une augmentation généralisée des troubles de santé mentale, depuis plus d’un an, car nous vivons un trauma collectif lié à la peur d’attraper le coronavirus, celle d’être hospitalisé, celle de l’isolement et de la perte des repères de la vie sociale ; la peur encore de perdre son emploi ou de ne plus pouvoir subvenir à ses besoins. Les plus vulnérables sont les jeunes et les personnes âgées. Les étudiants sont particulièrement touchés et les professionnels de la santé mentale sont débordés.

Ressortir, aller en vacances, est-ce que cela peut aider à aller mieux ?

Pour sortir de la sidération liée au trauma collectif provoqué par la pandémie, il faut remettre le corps et l’esprit en mouvement. Les vacances sont idéales pour cela. Chacun est invité à prendre soin de ses besoins psychologiques. Pour certains, ce sera le contact avec la nature, et en effet, très souvent, la marche en forêt est l’activité la plus apaisante ; d’autres préféreront donner la priorité au fait de se cultiver ; pour d’autres encore, ce sera reprendre contact avec le cercle familial ou amical. La remise en mouvement correspond à des activités physiques simples, comme danser, nager ou marcher. Mais, depuis toujours, les catégories populaires sont celles qui partent le moins en vacances.

Priscille Glad est psychothérapeute et coach en entreprise

Priscille Glad est
psychothérapeute
et coach en entreprise

Les vacances sont aussi des moments de découverte. Est-ce que cet aspect apporte quelque chose à la santé mentale ?

De même, pour aller mieux, notre cerveau a besoin de nouveauté. Cet été, on pourrait mettre l'accent sur la découverte d'un endroit, apprendre quelque chose, partir à l’aventure, choisir des activités qui ont du sens, s’occuper d’animaux... En plus de diminuer le stress, cela améliore la gestion des émotions et renforce l’estime de soi, car cela montre qu’on peut faire face à une situation inconnue. Cela ouvre le champ des possibles.

 

ENCADRE

La campagne Vacances 2020
du Secours populaire, en chiffres
=> 193 000 personnes sur l’accès aux vacances
=> dont 45 000 personnes qui ont participé
aux Journées des Oubliés des Vacances
=> soit un total de 281 000 journées de vacances
 
(Source : Secours populaire, Chiffres de la solidarité 2020)

Liens

Pas d’action sans don !

Votre soutien financier nous permettra d’apporter une solidarité concrète aux victimes. L’ampleur de l’aide dépendra des fonds que nous réussirons à collecter.

Mots-clés