Haïti : dix ans de solidarité concrète [Archivé]

Le 12 janvier 2010 un séisme d'une magnitude de 7,3 a frappé Haïti. Il s’agit de l’une des catastrophes naturelles les plus meurtrières avec près de 225 000 morts, 300 000 blessés et mutilés, et plus de 1,5 million de déplacés. Le Secours populaire s’est impliqué auprès des populations de ce pays qui est le plus pauvre du continent américain.

Depuis 2014, le SPF soutient des projet de reconstruction d'école en Haïti
SPF 75

Pour mieux répondre aux besoins exprimés, qui sont immenses, l’ensemble du mouvement du Secours populaire s’est impliqué sur le terrain qu’après concertation avec ses partenaires locaux – comme Concert Action et Inter-aide – et en lien constant avec eux, ainsi qu’avec les autorités haïtienne. Très rapidement après le séisme, les bénévoles ont épaulé les initiatives d’entre-aide locales en apportant une aide d’urgence à 79 000 personnes, en particulier dans les zones rurales difficilement accessibles.

Trente écoles reconstruites ou réhabilitées

Ensuite, les 4,4 millions d’euros collectés grâce à la générosité publique ont financé des infrastructures d’eau potable, des bibliothèques mobiles, la relance de l’activité piscicole au sud-ouest d’Haïti et, surtout, la reconstruction ou la réhabilitation de 30 écoles, comme à Jacmel, à Petit-Goâve ou Côtes de fer. Les programmes comprenaient des chantiers aux normes antisismiques, la formation des enseignants, le lien entre les établissements et les quartiers environnant.

Ils disposent, dans le cas du complexe scolaire de quatorze classes de Rivière-Froide, dans la banlieue de Port-au-Prince, d’une cantine, d’un bloc sanitaire, d’une infirmerie. L’extérieur a aussi été travaillé avec un terrain de basket et des espaces verts. Tout est alimenté en électricité par des panneaux photovoltaïques et équipé d’une station de traitement de l’eau.

Je suis devenu plus attentif au moindre détail, et au moindre bruit. Je panique en pensant que ce serait un nouveau tremblement de terre - Lucson Felix, 14 ans, sinistré interrogé en 2016.

Les conditions sanitaires n’ont pas été négligées dans un pays où l’espérance de vie n’est que de 63 ans, faute de soins, d’hygiène, de nourriture suffisante en qualité et en quantité. Faute aussi d’infrastructures publiques, alors que la richesse par habitant est de 765 dollars par an, soit le dixième de son voisin cubain.

Haïti reste encore très vulnérable aux catastrophes naturelles. L’ouragan Matthew en 2016 a été meurtrier. « La carte mondiale de la vulnérabilité se superpose parfaitement avec celle de la pauvreté. Et ce, quel que soit le niveau de richesses des pays », souligne Justin Podur, universitaire à la Faculté des études environnementales d’York University (Convergence n°359, mars-avril 2018). Le Secours populaire était intervenu à nouveau pour reconstruire un centre de Santé communautaire à Petit-Goâve.

Des besoins toujours criants

Les privations sont si sévères que, depuis juillet 2018, des manifestations populaires massives protestent contre la pauvreté persistante et pour plus de justice (voir Haïti, le chaos : dix ans après, France Ô, janvier 2020). Durant la décennie désormais achevée, la vie quotidienne de la population haïtienne ne s’est pas améliorée, comme le mesure le recul de l’Indice de développement humain.

Aujourd’hui, « Haïti est classé au 168e rang sur 189 pays selon l’Indice de développement humain, alors qu’il était 149e sur 182 en 2007 », note ainsi Frédéric Thomas, politiste au Centre tricontinental de l’université de Louvain. Le pays a toujours besoin de se sortir de la pauvreté, la générosité populaire peut soutenir cette énergie.

Témoignages

J’habite à Rivière Froide et mes 2 enfants sont scolarisés. J’ai vécu le tremblement de terre et la reconstruction. Merci au Secours populaire pour tout ce qu’il a fait. Nous sommes tous contents du développement du quartier. Avant, les jeunes n’étaient pas encadrés et ils avaient des enfants tôt, maintenant ça change. Avec les séances de sensibilisation, c’est l’espoir et la possibilité d’un avenir meilleur. J’ai un petit qui est parti en vacances en France avec le Secours populaire, c’est merveilleux. Le nouveau projet donne encore l’espoir car il va y avoir du travail dans le quartier pour la construction et après les jeunes seront encadrés. Merci.

Madame Minel, maman de 2 enfants scolarisés à Rivière Froide

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