À Privas, les copains du Monde collectent pour le Burkina Faso

Malgré la crise sanitaire, les copains du Monde trouvent des moyens de collecter, en toute sécurité, pour alimenter la campagne de solidarité Monde, destinée à soutenir les partenaires locaux du Secours populaire. À Privas, ils confectionnent des éponges Tawashi pour aider à la scolarisation d’enfants du Burkina Faso.

Au village copain du Monde de Meyras, c'est l'entraide qui est au programme
Yoann Léguistin

Une planche avec des clous. De vieilles chaussettes. Une machine à coudre. Il est entre 17 et 19 heures dans le local du Secours populaire à Privas. Le club copain du Monde est en pleine effervescence. « Nous fabriquons des éponges Tawashi pour collecter de l’argent que nous envoyons à notre partenaire au Burkina Faso, qui s’en sert pour scolariser les enfants des rues », explique Nazik, 14 ans, très concentrée. Le modèle de ces éponges vient du Japon.

Des éponges japonaises pour le Burkina

Les enfants en confectionnent de deux types ; l’un avec des chaussettes usagées pour le nettoyage du visage, l’autre avec du tissu plus doux pour le démaquillage. « Ça permet aussi de recycler et ça coûte moins cher », explique le petit Alesjo, 10 ans, derrière la machine à coudre. Leurs réalisations sont ensuite mises en vente dans le local du Secours populaire. « Nous les proposons, à prix modiques, aux personnes aidées qui viennent aux distributions alimentaires », raconte Edwige, responsable du club copain du Monde.

Cette activité vient à point nommé pour collecter des fonds alors que commence la campagne de solidarité mondiale du Secours populaire. Habituellement, c’est un moment fort de collectes pour les programmes que mène l’association avec ses partenaires à l’étranger. Or, cette année, les chasses aux œufs qui permettent ces collectes sont déprogrammées les unes après les autres, dans beaucoup de départements, en raison de la grande circulation du coronavirus. « Mais, en Ardèche, nous avons d’autres idées, comme la confection de ces éponges Tawashi », indique Edwige.

Atelier Tawashi à Privas. Les copains du Monde s'activent pour la campagne de solidarité internationale.

Atelier Tawashi à Privas. Les copains du Monde s'activent pour la campagne de solidarité internationale.

Les copains du Monde vont en ce moment dans les lycées de Privas pour expliquer un projet de forage de puits au Burkina. « Ils connaissent des enfants que cela va aider parce que certains sont venus à chaque Village copain du Monde que nous avons organisé », ajoute Edwige. À l’été 2019, 5 petits étaient venus passer un séjour en Ardèche, à Meyras, avec les copains du Monde. Ils avaient témoigné de leur volonté d’être scolarisés et avait raconté qu’il n’était pas rare que les enfants de 12 ans aient à se marier. « C’était bouleversant. »

Actions en faveur de la scolarisation

Le partenaire du Secours populaire à Ouagadougou, la capitale, s’appelle ‘‘Santé éternelle’’. Il mène des actions en faveur de la scolarisation des enfants, dont nombre d’entre eux ont fui les groupes armés du nord du pays. Le dernier envoi à son partenaire du Secours populaire s’élève à 2 000 euros, issus de collectes. Fin décembre, l’association avait aussi permis la constitution d’un arbre de Noël pour ces enfants démunis.

« Au Club, nous avons découvert une carte du monde et nous avons appris où se trouve le Burkina », se rappelle Alejso, qui a bien compris que le niveau de vie en Afrique est bas par rapport à la France. « Je ne les connais pas mais je trouve que l’école c’est important, ça leur permettrait d’avoir un avenir meilleur, de faire le métier dont ils rêvent, de vivre comme les autres », remarque Nazik, qui est motivée pour collecter « des sous pour que les enfants aillent à l’école », même en faisant des crêpes que les copains du Monde revendent ensuite.

Même par temps de Covid, les idées ne manquent pas. Les deux enfants sont respectivement originaires d’Albanie et d’Arménie. Ils ont des rêves d’avenir meilleur, eux-aussi, et ils passent par la pratique de la solidarité.

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