À Rouen, les droits de l’enfant rayonnent au-delà des frontières

Le 20 novembre dernier, le Secours populaire organisait à Rouen une journée avec 200 enfants pour leur apprendre leurs droits. Trente ans après l'adoption de la Convention internationale des droits de l'enfant.

Le 20 novembre, les droits des enfants étaient à l'honneur.
Bruno Manno

« J’aime m’amuser. En jouant, on se fait plein de copains alors j’ai dessiné deux enfants qui tapent dans un ballon », lance en refermant un feutre marron Ridy, un petit bout de 7 ans. En parlant, il tapote de sa main la longue fresque posée au sol sur laquelle il s’est assis pour mieux dessiner. Comme lui, une quinzaine de garçons et de filles se sont allongés dessus ou accroupis pour illustrer le droit à l’alimentation, à l’éducation, à l’égalité, entre autres, en traçant les contours de la Terre, des bols remplis de carottes et de « merguez », voire une plage très jaune chauffée par un grand soleil.

Une journée de fête

Comme Ridy, près de 200 enfants ont passé une journée très dense – entre jeux, représentation théâtrale, chorale et déambulation festive –, le 20 novembre dernier à l’étage de la Halle aux toiles, dans le centre de Rouen, pour fêter les 30 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant. L’événement est organisé par le Secours populaire. Plusieurs associations s’y sont jointes.

Cliquez sur la vidéo pour voir les 7 films d'animations réalisés par les copains du monde

Cliquez sur la vidéo (à droite) pour voir les 7 films d'animations réalisés par les copains du monde.

Les gamins venaient des centres de loisirs de la commune, auxquels s’ajoutait une cinquantaine de membres de copain du Monde, le mouvement créé par le Secours populaire en 1992 pour concrétiser ces dispositions du droit international. « Nous animons neuf clubs copain du Monde dans le département, donc pour nous fêter le 30e anniversaire de la Convention internationale des droits de l’enfant était une évidence », relève Emilie Lebigre, secrétaire générale de la fédération du Secours populaire de Seine-Maritime. « Dans mon club de Sotteville-lès-Rouen, nous apprenons tout au long de l’année les droits de tous les enfants », observe Adam, 9 ans, qui est en train de jouer avec Djenaba, « 9 ans et demi », à un jeu de l’oie autour de cette thématique. « Il a été confectionné par les copains du Monde du Havre », indique fièrement Léna, en service civique, qui anime l’atelier.

De petits réalisateurs de films d'animation

L’une des particularités de la journée est justement qu’elle a été soigneusement préparée depuis les vacances de la Toussaint par les petits. Ainsi, un groupe de copains du Monde de tout le département à illustré sept droits, comme celui à la différence ou à la protection, dans un petit film d’animation. Ils ont imaginé les histoires, découpé des personnages dans du papier de couleur et assuré la bande-son, avec l’aide du réalisateur Nicolas Diologent et le musicien Adji Batoubaka. Les jeunes auteurs avaient le trac au moment de la projection en public, mais le petit film a remporté un grand succès, tout comme le conte onirique joué par la comédienne Mathide Pierson : les rires furent nombreux. D’autres enfants avaient préparé une chorégraphie avec des parapluies pour une déambulation dans les rues aussi colorée que dans les Parapluies de Cherbourg.

Les enfants sont acteurs de la solidarité

Les enfants sont acteurs de la solidarité.

« Moi, j’ai écrit une carte postale avec un dessin pour les enfants du Niger : pour leur faire plaisir », explique la grande Zineb, 12 ans, tout sourire. « Ce type d’envois permet une première prise de contact avec des enfants aidés par notre partenaire local Hed-Tamat. L’idée est de mettre en place des correspondances régulières entre copains / copines du même âge », confie Dominique, la responsable de copain du Monde dans le département. Mohamed Akser est spécialement venu du Niger. Des photos exposées en grand nombre montrent les réalisations, comme les malles de livres dont disposent les écoliers nigériens grâce au travail d’Hed-Tamat et aux collectes des copains du Monde. « Les enfants présents m’ont posé beaucoup de question sur la vie dans mon pays. Leur regard dépasse les frontières. » Tout comme la solidarité.

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