"Les enfants ne sont pas de petits citoyens mais des citoyens" [Archivé]

Alors que l’année 2019 marquera les 30 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant, le SPF organisait son premier séminaire le 25 janvier à Paris sur le droit des enfants à s’associer. Intervenants extérieurs et membres du SPF ont échangé sur le sujet.

 

En 2019, le SPF mettra les droits de l'enfant au coeur de ses actions
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Il y a dix ans, pour les 20 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant le Secours populaire organisait dans ses locaux, un séminaire sur les droits de l’enfant. Claire Brisset alors Défenseure des droits de l’enfant, y participait. Aujourd’hui pour célébrer les 30 ans de ce texte, l’association a souhaité mettre en avant l’article 12 de la Convention internationale des droits de l’enfant, qui « garantie à l’enfant qui est capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant, les opinions de l’enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité ». Ce séminaire qui portait sur le droit de s’associer pour les enfants a aussi été l’occasion de faire un point sur la situation vécue par les enfants, notamment la problématique des inégalités sociales. Comme l’a indiqué en introduction Madame Avelard, Défenseure des droits de l’enfant depuis 2014 « Il y a un vrai décalage entre les droits proclamés et les droits réels. Les choses n’avancent pas assez vite. Certes on constate des progrès dans certains domaines mais je trouve que cela ne va pas assez vite. Dans notre société les inégalités pèsent sur le devenir des enfants. Les enfants, âgés de 0 à 18 ans sont les plus vulnérables, et nous devons tout mettre en oeuvre pour que tous leurs droits soient, certes reconnus mais surtout réellement appliqués. »

Les inégalités pèsent sur le devenir des enfants

 

Pour sa part Sylviane Giampino, vice présidente du Haut Conseil de la famille et de l’enfance et de l’âge a rappelé que sur le droit de s’associer, le SPF avait une réelle expertise grâce à son mouvement d’enfants Copain du Monde créée en 1992. Mais ce que fait le Secours populaire avec ce mouvement n'est pas encore partagé par tous, car en effet, comme elle a souhaité le préciser « trop souvent donner la parole aux enfants, c’est vouloir qu’ils miment les adultes. Notre société n’est pas prête à entendre vraiment ce que les enfants ont à nous dire. Et puis bien souvent, il ne suffit pas de les faire parler, faut-il encore être en capacité de les écouter. » Prendre les enfants pour des citoyens à part entière c’est ce que fait le SPF et son mouvement copain du Monde depuis sa création. Avec des milliers d’enfants acteurs de la solidarité sur toute la France organisés en clubs, l’association leur donne véritablement la parole et les écoute. Chaque année, grâce aux villages copains du Monde des enfants de France et du monde se rassemblent pour mener ensemble des actions concrètes de solidarité. Comme l’affirme Marie-Françoise Thule, de la fédération de Moselle « en organisant depuis quatre ans un village copain du Monde dans les Vosges avec des enfants nous sommes à leur écoute. Programmes et activités sont construits avec eux et pour eux. Les enfants ne doivent pas être considérés comme de petits citoyens mais comme des citoyens en devenir ».

« J’aime aider les autres »

 

Cette notion mise en avant par le SPF, est réelle. Paco Lopez, jeune copain du Monde de Bordeaux l’a également exprimé. Ayant découvert le mouvement copain du Monde par une amie, il a compris que la solidarité n’était pas qu’un mot. Depuis, il agit régulièrement pour aider les autres. Sylvie Bilot déléguée générale de Junior associations et Yann Renault des Francas ont témoigné sur leur engagement pour que les jeunes puissent avoir les moyens et le droit de s’engager. Dans la salle, le débat a largement porté sur l’importance de reconnaître l’enfant comme une personne, un citoyen. Il a même été affirmé que si les enfants agissaient comme bénévoles au sein du mouvement copain du Monde, ils ne devaient surtout pas être considérés comme de « petits bénévoles. » Par ailleurs, le débat a aussi mis en avant de nombreux autres droits, comme le droit à la santé, à l’éducation, aux vacances… Difficile pour les membres de l’association de réduire les droits de l’enfant au seul droit de s’associer. La situation des enfants réfugiés-migrants a elle aussi été évoquée. Sonia Serra, secrétaire nationale, chargée du mouvement copain du Monde a rappelé « chaque jour des enfants fuyaient leur pays, tentaient de traverser la Méditerranée et mourraient. Ces enfants là ne prendront plus jamais la parole »

 

 

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