Un atelier séniors pour rompre l'isolement

Tous les lundis, une quinzaine de séniors se retrouve à la maison des services publics de Têt-Conflent. Ceux-ci participent à des ateliers animés par la Mutuelle sociale agricole qui a pris contact avec le SPF en début d’année.

Une fois par semaine des séniors participent à un atelier organisé par le SPF et la Mutuelle sociale agricole
Jean-Marie Rayapen

Au premier étage de la Maison des services au public de Têt-sur-Conflent près de Perpignan, Sylviane Peizarex l’animatrice de la MSA (Mutuelle sociale agricole) accueille les participants à l’atelier du jour. Comme toutes les semaines depuis six mois, le café et les petits gâteaux sont sur la table. Aline est même venue avec une tarte au chocolat faite maison. Cette excellente pâtissière aime bien faire partager ses recettes. La semaine précédente, l’atelier a abordé la question des démarches administratives. Avec des ordinateurs portables, des travaux pratiques ont été proposés : demande d’aides sociales, courrier à la CNAV, demande de renouvellement de RSA… Autant de questions de la vie quotidienne auxquelles il est parfois difficile de répondre. Chantal, la responsable du comité du SPF  explique que « ce partenariat avec la MSA a pour but d’aider les personnes en difficulté, d’un point de vue pratique mais aussi moral. Etre un sénior sans moyens est difficile » Souvent seuls, isolés et avec de très petits revenus ces personnes ont aussi besoin de parler et de rompre leur isolement.

« À force de compter j’ai la tête qui tourne »

Ce jour-là, le sujet retenu est  « Bien dans sa tête ». Sylviane s’adresse aux uns et aux autres en leur expliquant que « Prendre soin de soi, être bien dans sa tête, c’est important et que la tête n’est pas à dissocier du corps ». Pour  faciliter la prise de parole elle pose tout simplement cette question « Si je vous dit « bien dans sa tête » ça vous fait penser à quoi ? » Pour Maïté, veuve depuis dix ans et n’ayant que le minimum vieillesse ,cela se résume à «un bon week-end avec mes enfants et mes petits-enfants ». Quant à Aline, elle dit ne plus savoir depuis quand elle ne s’est pas sentie bien dans sa tête. Les problèmes d’argent sont trop lourds pour elle, « Je compte tout le temps l’argent que je n’ai pas, à force de compter j’ai même la tête qui tourne. » Ne pas pouvoir se laisser aller, trouver la force de se lever tous les matins, les soucis qui pèsent, la peur du lendemain… : ce sont toutes ses choses qui rendent la vie difficile. A tour de rôle chacun prend la parole. Isabelle explique que ce qui l’aide à avancer c’est de passer du temps avec ses petits-enfants. Pour Aline, Maïté et Monique, c’est le bénévolat au SPF qui leur donne la force d’avancer.  Deux fois par semaine, elles viennent donner « un coup de main ». Ranger, trier des vêtements, classer des dossiers, accueillir des familles les occupent et les aident à se lever le matin.

Se sentir moins seuls

Etre à la retraite ou s’en approcher devrait être synonyme de projets et de repos bien mérité. Malheureusement, vivre avec 800 euros par mois et avoir un loyer de 400 euros ne permet pas d’être bien dans sa tête. Francis, âgé de 67 ans  qui a tenu un commerce itinérant toute sa vie ne fait guère de projets, et vit au jour le jour. Chaque euro est compté. Son projet : s’acheter un ordinateur. Il y réfléchit depuis plusieurs mois mais hésite à prendre un crédit… Josiane qui a pourtant l’âge de la retraite, mais dont les revenus sont insuffisants continuer à travailler régulièrement dans des coopératives agricoles de la région pour pouvoir faire face à ses charges fixes. Comme eux les retraités de cet atelier ne cessent de compter leur argent. Souvent isolés, ils apprécient de se retrouver une fois par semaine dans cet atelier. Parler et échanger avec d’autres c’est aussi parfois trouver de nouveaux amis. L’idée d’une chorale fait d’ailleurs son chemin : « On en parle depuis un petit moment mais il va falloir se lancer » explique Josiane. Et puis grâce au Secours populaire, certains sont partis pour une sortie d’une journée. A la fin de l’atelier, comme à chaque fois, Sylviane invite tout le monde à choisir le thème du prochain rendez-vous. Différentes propositions sont faites, mais c’est le sujet de l’alimentation qui est retenu pour la semaine suivante.

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