La solidarité n'attend pas le nombre des années [Archivé]

Depuis 2015, dans l’Oise, une antenne du SPF est gérée par une quinzaine de jeunes âgés de 12 à 25 ans. Une fois par mois ils distribuent des produits alimentaires à environ 35 familles de Le Meux.

 

Depuis 2015, dans l'Oise des enfants et des jeunes gèrent une antenne du SPF.
Bruno Mano

« Vous préférez  la mâche ou la roquette ? Nous avons aussi des fraises et du pain aux noix ! » demande Capucine, jeune lycéenne de 16 ans aux familles qui viennent s’approvisionner au SPF. Chargée des produits frais, elle présente toutes les variétés de pain disponibles ce jour-là. Une maman venue avec ses trois enfants hésite à prendre des produits qu‘elle ne connaît pas, mais conseillée par Capucine elle repart avec le pain au pavot. Aujourd’hui, grâce à la « récup » dans les grandes surfaces de l’agglomération de Compiègne les familles auront des fruits de saison et de nombreux pains rustiques. Des denrées qui viennent compléter les produits de base de l’Union européenne, comme les pâtes, le lait, l’huile, le beurre, la confiture…. que Tom, Célia, Erwan, Annabelle et toute l’équipe de l’antenne ont installés sur de grandes tables. Antonin, étudiant en communication à Lille, présent depuis l’ouverture de cette antenne est très heureux d’être là, il se sent utile comme il l’explique « Quand on voit des émissions à la télé qui nous montrent des gens qui n’ont pas de quoi manger ni pour eux ni pour leurs enfants on est révolté et on se demande ce que l’on pourrait faire pour les aider. Alors quand le SPF m’a proposé d’agir concrètement je n’ai pas hésité une seule seconde. »

Un engagement sans faille

Tous les jeunes de l’antenne ont à peu près le même discours, et sont motivés par l’envie d’aider les personnes en difficulté. Unanimes ils expriment une volonté sans faille de se rendre utile. Alors qu’elle est encore en période d’examen, Célia est là comme tous les mois. « C’est important d’être ici. Les familles qui sont inscrites ont besoin de nous. Si nous ne venons pas il n’y pas de distribution. Je ne peux pas me permettre de ne pas venir. » Quant aux familles elles apprécient l’engagement de cette jeunesse. Ils sont jeunes mais ont déjà des responsabilités, savent ce qu’ils veulent. Accueillants ils sont à l’écoute des personnes et prennent le temps de leur parler, de poser des questions aux enfants. Attentionnés ils ont conscience de leur mission. Erwan, 14 ans, collégien prend le temps d’expliquer aux familles ce qu’elles peuvent prendre aujourd’hui. Il fait la liste des produits disponibles ainsi que des quantités autorisées. « J’aime bien prendre le temps de tout expliquer. Je donne la liste de tous les produits que nous avons. C’est vrai qu’il y a du monde, mais prendre le temps de parler ça compte aussi. » précise-t-il.

" Maintenant nous sommes au Top »

En deux heures à peine, les 35 familles de l’antenne sont servies et repartent avec des paniers et des sacs bien remplis.  Il est vrai que tout est fait pour que la distribution se passe bien. Tout est installé sur des tables, et chaque bénévole est responsable d’une liste de produits. Chacun sait ce qu’il doit faire et le fait sans hésiter. Les familles prennent un numéro quand elles arrivent et attendent leur tour. « Il a fallu plusieurs rendez-vous pour bien organiser les choses. Mais maintenant nous sommes au top. Chacun a sa place et sa mission. Cela fonctionne bien. Nous ne voulions pas que les familles attendent trop longtemps et que cela soit compliqué pour elles » explique Jean-Pierre Brillant, responsable de l’antenne.Une fois la distribution terminée, un petit groupe reste pour ranger. Les denrées non distribuées repartent dans le camion de la fédération pour d’autres distributions. Alice, 12 ans, qui était là pour la première fois, se dit prête à revenir le mois prochain. Comme elle, ces jeunes ont compris le sens du mot solidarité. Plus qu’un mot ils en ont fait une philosophie.

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