Michel Bussi, le droit aux vacances est primordial

Parrain de notre association l'écrivain Michel Bussi a souhaité partager un texte sur l'importance du droit aux vacances pour tous. Les vacances c'est introduire du rêve et de l'imaginaire dans la vie...

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Michel Bussi parrain du SPF soutient notre campagne vacances 2020.
Dorothée Piatek

Parmi les droits fondamentaux des familles et des enfants, après le droit à se loger ou à se nourrir, le droit aux vacances me semble primordial.

En effet, imaginons ce que serait notre vie si l’on nous interdisait de quitter l’endroit où nous sommes nés, si l’on nous assignait à résidence dans notre quartier, si notre vie n’était qu’une succession de problèmes à régler sans que rien, jamais, ne vienne rompre cette pression quotidienne.

Offrir des vacances aux enfants, aux ados et aux familles, aider au départ, c’est permettre de laisser derrière soi, pendant une parenthèse, une partie de ces problèmes. C’est l‘occasion de créer de nouveaux rapports entre enfants, entres adultes, entre enfants et adultes, de partager de nouvelles expériences, de se forger des souvenirs, de découvrir d’autres univers, de s’évader dans un imaginaire, de s’émerveiller, de jouer, de ne rien faire, bref de se dire que la vie a un sens si elle nous offre de temps en temps une telle liberté.

L’une des plus grandes fractures actuelles de notre société est sans doute l’écart entre ceux qui ont la possibilité de voyager, de choisir leurs loisirs, d’accéder à une grande diversité d’expériences, de remplir des albums photos et des étagères de bibelots… et ceux pour qui l’ailleurs n’est qu’un inconnu, au mieux inaccessible, au pire effrayant. De cette fracture géographique naît de profondes fractures politiques et culturelles.

Aider au départ, dès le plus jeune âge, notamment en centre de vacances, encadrés par des centaines de milliers de jeunes volontaires qui expérimentent ainsi le lien intergénérationnel et interculturel, c’est tenter un peu de recoudre ces grandes fractures de la société française.

Il y a encore quelques décennies, la majorité des enfants, quel que soit leur milieu social, partaient en colos, et se confrontaient ainsi à l’ailleurs et à la mixité. Dans ce domaine, la société a incroyablement régressé. Désormais, les colos sont réservées à une minorité de privilégiés, ou (en nombre moins important) à des enfants défavorisés, voire placés par l’aide sociale à l’enfance. On ne reviendra pas aux colos d’antan, mais le besoin de vacances partagées et pour tous, n’a sans doute jamais été aussi fort.

Soutenir le Secours populaire, ainsi que les associations qui aident au départ des enfants, ados et familles, c’est participer à une évasion de quelques jours, quelques semaines, qui créent parfois des souvenirs pour une vie entière et, surtout, une envie profonde de recommencer ! Attendre les prochaines vacances, les espérer, les construire, tout faire pour les mériter, c’est dans un quotidien tellement marqué par le poids du réel et du matériel, introduire du rêve et de l’imaginaire.

 

Michel Bussi, écrivain et parrain du Secours populaire

 

 

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