Dans l'Aude, un an auprès des sinistrés [Archivé]

« Avec mon mari, nous savons que nous pouvons toujours compter sur les bénévoles du Secours populaire, en cas de coup dur », lance Éliane Cortegiani, 63 ans. Un an après les inondations qui ont dévasté l’Aude (14 morts, 75 blessés), la retraitée est revenue dans son logement, enfin refait, à Villegailhenc, l’une des communes qui a le plus souffert. « Il y avait 1,80 m d’eau chez nous. Nous n’avions plus rien. »

Boucher-charcutier de l'une des communes les plus touchées par les inondations d'octobre 2018 dans l'Aude, Gérard a pu reprendre son activité grâce à la forte implication du Secours populaire.

Les 15 et 16 octobre 2018, des pluies diluviennes ont provoqué une catastrophe sans précédent dans ce département d’Occitanie. Il est tombé jusqu’à 6 mois de précipitations en 6 heures. « J’ai bien cru que j’allais mourir », confiait Henriette, 73 ans, peu de temps après la catastrophe qui a coûté la vie à l’une de ses voisines. La retraitée s’était installée chez son fils depuis que son appartement, situé à Trèbes, avait été totalement envahi par des flots déchaînés. L’état de « catastrophe naturelle » a été reconnu pour 126 communes. Les dégâts matériels sont considérables : 1 000 kilomètres de routes ont été dévastés, 4 ponts détruits, 17 collèges ont été endommagés, tout comme des centaines de logements.

Une région ravagée par les inondations

Depuis douze mois, les bénévoles ont aidé près de 1 200 personnes, se rendant dans 45 communes. « Nous sommes allés partout où l’on avait besoin de nous, remarque fièrement Roger Salvador, jusqu’aux portes de Narbonne », qui est située à 60 km de la préfecture de l’Aude. Ce dernier est désormais le secrétaire général de la fédération du Secours populaire du département, après avoir été l’une des chevilles ouvrières du dispositif d’urgence.

"Nous avons pu mesurer concrètement ce que représente le Secours populaire lors de ce type de catastrophe".

 

Au départ, les équipes ont distribué des denrées alimentaires et des produits d’hygiène (eau, lait, lait infantile, couches, etc.), des produits de nettoyage et d’entretien, ainsi que de l’outillage (pelles, balais, nettoyeurs haute pression et déshumidificateurs). Très rapidement, il a fallu remplacer les appareils électroménagers rendus inutilisables. « Les bénévoles m’ont amené un réfrigérateur, un lave-linge et un lave-vaisselle pour remplacer ceux qui avaient été détruits par la montée des eaux », se rappelle Éliane. Plus de 2 200 sèche-linge, gazinières, fours, chauffages d’appoint et autres appareils ont été distribués ; ainsi qu’une centaine de sommiers et de matelas.

Sur place, cinq fédérations du Secours populaire (Aude, Ariège, Haute-Garonne, Tarn et Pyrénées-Orientales) ont aidé les sinistrés. Au-delà, des collectes de fonds ont été mises en place dans 42 départements pour soutenir cette solidarité en actes. Un appel à dons au niveau national a permis de collecter plus de 152 000 euros.

Une solidarité d'ampleur nationale

Les sommes réunies ont également servi à faire repartir des commerces. Deux artisans du bâtiment, trois  exploitants de gîtes et de chambres d'hôtes ont pu reprendre leur activité avec le concours du Secours populaire. De même pour la boulangerie et la boucherie-charcuterie de Villegailhenc. La réouverture de ces commerces de bouche a réanimé la bourgade rurale.

« Quand on voit les dégâts, on a besoin d’être soutenu. Sans le Secours populaire, je n’aurais pas pu rouvrir », relate Gérard, le boucher-charcutier, qui accueille de nouveau ses clients. Faute de remboursement suffisant par les assurances, il n’avait pas pu redémarrer la partie traiteur de son activité. Le SPF a financé sa cellule de refroidissement.

Annette avait tout perdu. L'intervention "du Secours populaire [lui] a vraiment fait chaud au coeur".

 

Le 6 septembre dernier, le boulanger-pâtissier de la même commune a présenté au public ses locaux réhabilités. Son entreprise avait dû cesser son activité jusqu’en juillet. « Nous sommes intervenus dans le financement des travaux, des vitrines de présentation et de l’armoire de stockage des pâtisseries. Les quatre employés ont pu reprendre leur activité dans cette commune durement touchée », relate Marcel Raynaud, du Secours populaire. Il n’est pas peu fier du partenariat tout neuf qui lie l’association à la boulangerie : désormais, les invendus sont confiés aux bénévoles pour être redistribués aux personnes aidées.

Intervenir aussi longtemps qu'il le faudra

L’aide apportée n’a pas seulement été matérielle. Plus de 300 sinistrés se souviennent aussi du réveillon passé dans une salle du Stade Albert Domec, à Carcassonne, le 31 janvier dernier.  Ils s’étaient tous mis sur leur « trente et un » en espérant « que l’année 2019 soit meilleure ». « Ils se sont sentis au sein d’un grand collectif. Ils étaient visiblement heureux de partager ce moment festif », note avec satisfaction Marcel Raynaud, l’un des organisateurs. Le Secours populaire continue à accompagner les sinistrés et continuera le temps qu’il faudra.

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