Iran : auprès des villageois sauvés des eaux

« Des enfants qui sourient. » « Des villages fantômes, entourés d’eau. » « L’incroyable organisation du Croissant rouge iranien, notre partenaire. » Ce sont les images que garde en tête Jean Marchal, bénévole et administrateur du Secours populaire français, de retour de mission dans le sud-ouest de l’Iran. La mission a procédé à une distribution alimentaire et de matériel scolaire auprès de villageois sinistrés.

Les 500 habitants de Bandege, un village sinistré, reçoivent de quoi manger pendant un mois, grâce à l'aide dépêchée par le Secours populaire.
Michael Pozo

A la suite d’inondations dévastatrices, qui se sont déchaînées fin mars, une mission humanitaire du Secours populaire s’est rendue, du 7 au 12 mai dernier, dans la province du Khouzestan. Située au Sud-Ouest, entre la frontière de l'Irak et le Golfe Persique, celle-ci « est l’une des plus touchées par la montée des eaux ».

Après une longue période de sécheresse, le pays a connu des pluies diluviennes entre le 19 mars dernier et la semaine suivante. Presque toutes les provinces ont été frappées : 25 sur 31 ont été envahies par les eaux. Les infrastructures y sont dévastées, tout comme nombre de maisons ou les récoltes. Le pays déplore près de 80 morts. Un demi-million de personnes a dû être évacué et 2 millions d’Iraniens ont besoin d’aide humanitaire.

La pire catastrophe naturelle en 15 ans

Une première estimation officielle des dégâts évaluait leur coût à 3 milliards d’euros. Le pays doit ainsi faire face à la pire catastrophe naturelle intervenue depuis une quinzaine d’années alors qu’il affronte une très grave crise économique causée par le renforcement de l’embargo commercial appliqué par Washington, en-dehors de toute décision des Nations Unies. Sur place, les familles doivent faire face à l’envolée des prix des biens de première nécessité. Selon le FMI, l'inflation pourrait dépasser 40 %, voire 50 % en 2019, rapporte Radio France Internationale.

Les sanctions américaines ont empêché l’acheminement de l’aide internationale. C’est dans ce cadre, calamiteux, que le Secours populaire a dépêché une l’une des rares missions humanitaires. Arrivée dans la ville d’Ahvaz, la grande ville industrielle du Khouzestan, une région grande productrice de pétrole, la mission a été guidée, en barque, par son partenaire le Croissant rouge iranien jusqu’à des villages totalement évacués. « C’est très impressionnant. L’eau alentour reste haute. Tous les accès sont coupés. Les maisons aux murs abimés sont vides : il n’y a plus ni habitant ni mobilier », témoigne Jean Marchal.

Un pays soumis à la pression d'un embargo

La mission a acheté à Ahvaz pour 15 500 euros d’huile, de farine, de thon en boîtes, de thé séché, de lentilles, de haricots, de riz. De quoi constituer des colis alimentaires à même de nourrir 500 familles de 5 personnes pendant un mois. De quoi aussi remplir des colis de produits d’hygiène, en particulier pour les femmes et les bébés.

Le convoi humanitaire s’est rendu au campement où les familles du village de Bandege sont hébergées sous des tentes. « C’est dur pour elles : pauvres, ceux sont elles qui ont le plus pâti des inondations. Sous les tentes, en plus du dénuement, il faut supporter le climat désertique », rapporte Jean Marchal. La distribution s’est bien passée. Les enfants étaient très contents de recevoir des cahiers et des stylos pour continuer à suivre leurs cours. « Ils étaient très enthousiastes. » 

Une aide d'urgence et des perspectives

Il faudra encore plusieurs mois pour que les routes soient remises en l’état. Idem pour les infrastructures ou les maisons. Les populations rurales seront très vulnérables car les récoltes à venir ont été détruites par les inondations. Le Secours populaire devrait continuer son appui dans les mois à venir. Il étudie la possibilité de reconstruire une école dans le village de Magran, celui-ci est voisin de Bandege et a été totalement sinistré. « Les Iraniens que nous avons vus ont besoin d’aide matérielle, mais font le maximum pour s’entraider », relève encore Jean Marchal.

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