Logement : "Il faut investir dans l’humain", selon Frédéric Gilli [Archivé]

Organisé le 23 juin  au siège du Secours populaire français,  le séminaire populaire "Le Logement, au-delà d’un toit" a souligné que nous sommes aujourd'hui dans une situation similaire à l’hiver 54. Pour Frédéric Gilli, le modérateur du séminaire, "un accompagnement humain" au plus près des personnes en situation de détresse est vital pour les aider dans leurs démarches administratives d'accès au logement

Pour Frédéric Gilli (au centre), le modérateur du séminaire "Le Logement, au-delà d’un toit", "un accompagnement humain est nécessaire".
Danielle Alexandre

Mal logés, précaires de l’énergie, les difficultés au-delà de l’accès au logement se sont-elles accentuées ?

Frédéric Gilli. Le séminaire a mis en lumière que ces difficultés se sont fortement aggravées : nous nous trouvons dans une situation similaire à l’hiver 54. Cela ne tient pas tellement à une absence de construction : on construit beaucoup, mais pas assez pour rattraper tout le retard accumulé et pas où il faudrait. Surtout, on n’arrive pas à traiter correctement toute l’urgence. Notre gestion de l’hébergement et de l’urgence n’est pas satisfaisante, car nous avons une politique centrée sur la mise à l’abri qui coûte très cher et empêche une fluidité et le suivi des parcours individuels.

Que faudrait-il faire ?

Le séminaire a souligné le besoin de recréer du lien et de prendre le temps de suivre individuellement chacune des personnes, car les formalités administratives et les situations de vie sont tellement complexes qu’il faut une connaissance fine de chacun pour remplir correctement les dossiers. Au-delà de la question administrative, ces personnes se trouvent très souvent dans des situations humaines extrêmement compliquées. Pour éviter qu’elles décrochent, il faut investir dans l’humain.

Quelles réponses les associations comme le SPF peuvent-elles apporter ?

Sur la question du logement, beaucoup de solutions sont proposées par l’Etat ou d’autres acteurs, mais les dossiers demandent un temps et une technicité que les personnes en situation de détresse n’ont pas. Un accompagnement administratif est nécessaire : il faut donc du temps et du savoir-faire. Le deuxième point mis en avant par le séminaire, c’est l’accompagnement humain : repérer les gens et les suivre avant qu’ils décrochent. Le troisième point concerne tout ce qu’il y a autour du logement : la précarité énergétique, mais aussi les repas, les devoirs pour les enfants…  tout ce qui fait que quand on dispose d’un toit, on n’a que le début de quelque chose. 

 

Organisé le 23 juin  au siège du Secours populaire français,  le séminaire populaire "Le Logement, au-delà d’un toit" ​ avait pour intervenants :
- Jérôme Cacciaguerra, directeur de l'Union régionale des foyers et services pour les jeunes travailleurs d'Ile-de-France
Yankel Fijalkow, sociologue, enseignant à l'Ecole nationale supérieur d'architecture de Paris- Val-de-Seine.

 

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