




| Parole d'expert |
Les nouvelles structures plus perméables et aux frontières plus floues s’appuient sur des réseaux ouverts et polycentristes. Mais du coup, leur identité devient difficile à cerner. Nous vivons une effervescence des organisations collectives qui rassemblent un plus grand nombre et une plus grande diversité des bénévoles, mais entraînent aussi une visibilité plus fragile auprès du public. Du coup, il existe des crispations de part et d’autre : les grandes fédérations historiques aimeraient avoir un monopole de représentation et les petites structures se voient souvent comme les seuls véritables représentants de ceux qui sont délaissés par les élites sociales ou politiques. À la Fonda, nous essayons de mettre les gens en relation, d’anticiper et de repérer l’émergence de nouvelles problématiques sociales issues du terrain, par exemple, le développement cette contre-culture qui prône la qualité des valeurs humaines et rejette celles du capitalisme et de la consommation. Je pense qu’on ne peut pas opposer militantisme et bénévolat. Il s’agit toujours d’un engagement et il y a toujours une valorisation de l’individu lorsqu’il rejoint le collectif. Je sais qu’il y a aujourd’hui la conception d’un bénévolat qui serait totalement différencié de l’engagement. C’est un raisonnement piégé qui empêche d’observer la construction du lien social. Plus généralement, je suis opposé à ce mouvement qui voudrait enrégimenter le bénévolat avec des obligations, des contraintes, des fichiers… Je préfère que l’on développe un accompagnement des formes d’engagement volontaire : cela demande des moyens, mais va dans le sens du désir des citoyens. Jean-Pierre Worms, président de la Fonda* Propos recueillis par Laurent Urfer |

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Ces dossiers sont issus de Convergence, le magazine de la solidarité édité par le Secours populaire et envoyé à ses donateurs et bénévoles.
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