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Il y a Roland, instituteur retraité et passionné de sport. Geneviève, cuisinière, qui voulait se rendre utile après son licenciement. Liliane, qui a du temps libre et trouve la solidarité « peu courante aujourd’hui ». Marie, souvent engagée dans le milieu catholique et qui voulait tester la « laïcité ». Michèle, ex-enseignante et surtout pas militante, « parce que l’origine du mot vient du latin “ miles ”, soldat, qui a aussi donné militaire ». Et puis il y a David, le petit jeune de l’équipe. Lui, il a rencontré le Secours populaire par hasard : « Je passais à la maison des associations pour me renseigner sur les statuts pour gérer mon groupe de musique. J’ai vu le SPF, ça m’a plu, je suis resté. C’était trois mois avant le Tsunami. »

Ce « noyau dur », qui compte une bonne dizaine de personnes au total, assure le quotidien : accueil, accompagnement social, aide alimentaire ou vestimentaire, etc. Mais, accrochée au mur du local, une longue liste répertorie les contacts d’autres bénévoles prêts à « donner un coup de main » à l’occasion. Roland s’inquiète d’ailleurs de l’accroissement des demandes : « la précarité augmente de façon phénoménale. Nous avons beaucoup de jeunes, des travailleurs saisonniers et des travailleurs pauvres aussi. » Chacun apporte alors spontanément ses arguments sur l’augmentation des prix du logement, des charges, etc. Le constat unanime renforce leur détermination à s’engager contre les inégalités. Mais leur dévouement remonte bien avant leur arrivée au SPF. Liliane, par exemple, reconnaît que son père l’a influencée : « Il restaurait les vieilles pierres et savait très bien travailler. On venait souvent lui demander un coup de main et il ne se faisait jamais payer. » Pour Geneviève aussi l’exemple paternel a compté car « il faisait des petits travaux d’électricité ou accompagnait souvent les voisins qui n’avaient pas les moyens de se payer une voiture ». Marie, originaire du nord de la France, défend le mot militant car « dans le Douaisis, c’était un mot noble, synonyme de responsabilité envers les autres » et elle se souvient de sa mère, qui a repris le travail – manutentionnaire – à 50 ans et était déléguée syndicale : « Elle a toujours été engagée et j’ai bénéficié de son exemple. »

Engagés, ils l’ont aussi été tous les six à différents moments de leur vie. Roland a même failli remonter le SPF d’Ardèche quand il avait un peu plus de 20 ans. Puis il s’est lancé dans le bénévolat sportif et a milité pour faire connaître un sport inventé aux Pays-Bas : le korbal.
« Je crois beaucoup à l’association, au groupe en général, ajoute-t-il. Je pense que c’est une formation de citoyen. Cela permet d’apprendre à vivre ensemble même si on ne pense pas forcément la même chose. Nous avons en commun des valeurs que nous défendons et sur lesquelles nous nous retrouvons. » Peu loquace, mais très réfléchi, David lance finalement : « Ce que j’aime dans le mot militant, c’est la notion de combat. Je me sens bien parmi l’équipe du SPF car c’est rassurant de voir qu’il y a des gens qui y croient encore. »


Mise à jour le 12/10/2006

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