Les idées et les actes
Pour le sociologue, l’engagement renvoie à l’idée d’une totalité : on met en œuvre l’ensemble de sa personnalité dans un projet. À titre personnel, cela correspond un peu à ma ligne de conduite : c’est une manière de mettre en cohérence mes pensées et mes actes. Dans le travail que je fais avec les gens au SPF, je suis un peu quelqu’un qui aide à réfléchir sur le sens de son action. Mais c’est une dialectique, j’apprends autant d’eux qu’eux de moi. Une question qui me semble importante est « quelles sont les bases inconscientes de l’engagement ? » Car je pense que ce n’est pas qu’une affaire d’idées mais aussi de désirs. Si l’on s’interroge sur ses motivations inconscientes, je pense qu’on peut améliorer son action et éviter des attitudes extrêmes comme le découragement ou le sacrifice.
Jacques Broda, sociologue et intervenant au SPF de Marseille.
Une affaire de famille
Ma grand-mère, mon père… Dans la famille, on a toujours été très engagés dans les associations. Dans les années 90, j’ai eu quelques difficultés après être revenue de l’étranger. J’ai fait appel au SPF qui avait un local dans le quartier. Puis, avec mon mari, nous sommes devenus bénévoles. Nous avons accompagné les enfants pour des sorties et j’ai pris la responsabilité de l’antenne locale en 1999. Cela s’est fait naturellement. Dans le quartier, nous avions déjà créé une association, Cesame, il y a déjà treize ans. On y reçoit des personnes qui ne parlent pas bien le français et on organise des activités pour les femmes. Au SPF, j’ai l’habitude d’inciter les gens à devenir bénévoles, je leur dis : « Le Secours populaire existe pour vous, il existe aussi par vous. »
Nadia Ouaham, responsable de l’antenne du Secours populaire « Les Lauriers à Marseille. |